ASSOCIATION JARDINS ET CHÂTEAUX AUTOUR DE PARIS
Château de Sceaux

Aménagé pour Jean-Baptiste Colbert, puissant ministre du roi Louis XIV, par les meilleurs artistes du Grand siècle, le domaine de Sceaux a connu bien des vicissitudes. Plusieurs fois menacé de disparition, il conserve des témoignages importants de l'architecture de la seconde moitié du XVIIe siècle : l'entrée d'honneur, les écuries, le pavillon de l'Aurore et l'orangerie, savamment insérés dans les vastes perspectives dessinées par André Le Nôtre. Le château, détruit après la Révolution a été rebati sous le Second Empire ; récemment restauré par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, il abrite les collections artistiques et historiques du musée de l'Ile-de-France

Renseignements :
Musée de l'Ile-de-France, Château de Sceaux, 92330 Sceaux
tel : 01-41-87-29-50
email du musée : museeidf@cg92.fr

Centre de documentation des 2000 communes de l'Ile de France

email de la documentation : docmidf@cg92.fr

Téléphone de la documentation : 01 41 87 29 50

Accès et heures d'ouverture

En voiture : 20 mn de la porte d'Orléans, Nationale 20, parking sur l'esplanade
En bus : 192 - 197
Par le RER B : stations de Bourg-la-Reine, Sceaux, ou Parc de Sceaux

Ouverture Du 1er octobre au 31 mars Du 1er avril au 30 septembre : Musée et expositions temporaires : 10 heures à 17 heures 10 heures à 18 heuresPavillon de l'Aurore Samedi et dimanche de 15 heures à 17 heures samedi et dimanche de 16 heures à
18 heures Fermé le mardi et certains jours fériés

Tél : 01.46.61.06.71 Fax :01.46.61.00.88

André Le Nôtre, Histoire des jardins du château de Sceaux

Madame Dupont-Logié & Madame Emmanuel Le Bail

Email: museeidf@cg92.fr

HISTOIRE DU CHÂTEAU ET DES JARDINS

Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) acquiert le domaine de Sceaux, en 1670. Célèbre ministre du roi Louis XIV, il exerce son activité dans tous les domaines de l’administration publique, favorisant le commerce et protégeant les arts. Il agrandit sa propriété par de nombreux achats de terrains et entreprit de grands travaux sur le site du château : construction de nouvelles façades, ailes et pavillons, dont celui consacré à l’Aurore, aménagement de l’entrée d’honneur et de communs, dotés d’un bain à chevaux, et une cascade.
Le fils aîné de Jean-Baptiste Colbert, le marquis de Seignelay (1651-1690) administra efficacement la Marine et la Maison du roi. Il fit exécuter d’importants aménagements sur le domaine : une orangerie fut construite sur les plans de Jules Hardouin-Mansart et un Grand Canal, long d’un kilomètre fut creusé.
Louis-Auguste de Bourbon (1670-1736), duc du Maine, fils du roi Louis XIV et de Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan, fut élevé par Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon.
Le duc du Maine, légitimé en 1673, accéda à l’égalité avec les princes du sang en 1694, puis fut déclaré apte à succéder à la couronne de France, en 1714.
Homme sage et savant, il fut marié, en 1692, à Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé (1676-1753), petite fille du Grand Condé. La duchesse du Maine, protectrice des arts, des lettres et des sciences, s’entoura d’une cour composée d’aristocrates, prélats et officiers, écrivains, notamment Fontenelle et Voltaire, artistes, magistrats et dilettantes.
Petit-fils du roi Louis XIV et de Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan, le duc de Penthièvre (1725-1793), Grand Amiral de France, gouverneur de Bretagne et Grand Veneur, possédait un domaine foncier considérable, constitué de nombreux châteaux et hôtels particuliers.
Ce prince mena une vie retirée et séjourna peu à Sceaux. Il ordonna de maintenir la beauté du domaine et fit ériger au nord des communs, pour l’un de ses intendants, un bâtiment qui existe encore aujourd’hui. Lorsque la Révolution Française éclata, le duc et ses biens furent respectés. Il était admiré pour son équité et apprécié pour sa générosité. En 1791, il fit don de Sceaux à sa fille, duchesse d’Orléans, épouse de Philippe Egalité et mère du futur roi Louis-Philippe.
Edouard-Adolphe-Casimir-Joseph Mortier, né en 1768, fut un des fidèles compagnons de l’empereur Napoléon 1er. Il se distingua notamment dans la conquête du Hanovre et aux batailles de Friedland, Dresde, Leipzig et pendant la campagne d’Espagne. Elevé à la dignité de maréchal de France, en 1804, il fut créé duc de Trévise, en 1808.
Il mourut tragiquement lors de l’attentat de Fieschi, sur les grands boulevards, à Paris, en 1835, préservant, grâce à sa haute stature, la vie du roi Louis-Philippe.

En 1828, le fils du maréchal, Napoléon-César-Edouard Mortier avait épousé Anne-Marie Lecomte, fille du propriétaire de Sceaux.
Le second duc de Trévise accéda à la pairie sous la Restauration et fut nommé sénateur sous le Second-Empire. Le domaine de Sceaux connut alors une nouvelle période de faste.
Puis, le second fils du duc de Trévise, Jean-François-Hippolyte, hérita la propriété. Sa fille unique, titrée princesse de Cystria, vendit le domaine au département de la Seine, en 1923

Les Bâtiments du domaine de Sceaux



L’Orangerie
Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) venait de terminer l’orangerie de Versailles lorsque le marquis de Seignelay lui demanda de construire celle de Sceaux. Pendant l’été 1686, lorsque les ambassadeurs du Siam vinrent admirer le domaine, la construction n’était pas achevée.L’édifice avait des proportions imposantes : environ 88 mètres de long sur 10 mètres de large et 12 mètres de haut. Hélas, un obus l’amputa d’un tiers pendant la guerre de 1870

Le vaisseau central était autrefois flanqué de deux pavillons ornés de frontons aux armes des Colbert. La décoration intérieure, probablement due aux sculpteurs ornemanistes André Goupil (1662-1733) et René Chauveau (1663-1722), fut particulièrement soignée. Pavée de marbre noir et blanc, elle servait de galerie d’art, indépendamment de ses fonctions de protection des essences fragiles pendant l’hiver.

Le comte d’Eu, propriétaire de Sceaux de 1755 à 1775, fit orner les frontons de la façade sud de groupes d’enfants, hauts reliefs symbolisants les saisons.

Classé monument historique dès 1925, cet édifice abrite expositions, concerts, conférences et colloques.
Le Pavillon de l’Aurore
Situé au nord-est du domaine, cet édifice, d’une sobre élégance classique fut construit pour Jean-Baptiste Colbert, au début des années 1670.Le salon rond central s’orne d’une coupole peinte par Charles Le Brun et son atelier, représentant l’Aurore sur son char environnée de divinités et d’allégories (XVII° s.), tandis que les deux salons quadrangulaires contigus sont agrémentés de peintures de Nicolas Delobel (XVIII° S.). Le roi et la cour vinrent admirer le pavillon lors de la fête organisée par le marquis de Seignelay, fils de Jean-Baptiste Colbert, en 1685.
Après dix années de restaurations délicates et minutieuses, ce chef d’œuvre a retrouvé aujourd’hui sa splendeur.
Les communs
Les écuries et les remises des carrosses sont attribuées à Antoine Le Pautre d’après plusieurs dessins conservés au musée National de Stockholm.L’édifice, présente un plan en " U " et possède une élévation sobre et classique : un étage sur rez-de-chaussée, l’ensemble couvert d’un toit à double pente percé de lucarnes. A proximité, l’abreuvoir et le bain des chevaux ont été inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, en 1993.Plus loin, se dressent les bâtiments de l’ancienne ferme du domaine.
La Cascade

La déclivité du terrain, sur un axe majeur nord-sud, permit à André Le Nôtre d’aménager une longue cascade, constituée de dix sept nappes se déversant dans le bassin de l’Octogone.
Charles Le Brun participa à l’élaboration du décor : animaux en bronze ou en plomb, enfants, mascarons, vasques, jets et bouillons d’eau. Antoine Coysevox exécuta l’une des deux statues de fleuves qui ornaient les niches du buffet d’eau au sommet de cette composition. Cette cascade fut reconstruite dans son ensemble sous la direction de l’architecte Léon Azéma dans un style simplifié caractéristique des années 1930. Elle fut décorée de mascarons réalisés autrefois par Auguste Rodin pour la cascade du Trocadéro, à l’occasion de l’exposition universelle de 1878.
Le Petit Château
La construction du Petit château commença en 1661, à l’initiative de maître Boindin, bourgeois de Paris, qui avait construit la première caserne de France, l’hôtel des Mousquetaires du roi. Mort brutalement, en 1662, il ne put achever la construction. Maître François Le Boultz racheta la bâtisse et termina les travaux, mais il dut la céder, en 1682, à son puissant voisin Jean-Baptiste Colbert. Le Petit Château devenait la résidence des hôtes du " grand château ". Au XVIII° siècle, la duchesse du Maine réserva le Petit Château à ses enfants, élevés par Madame de Malézieu. Pour eux, un nouveau jardin fut aménagé, présentant, entre autres, au centre d’un bassin octogonal, un automate hydraulique qui montrait " tantôt un soleil, Neptune ou un artichaut, tantôt une chasse au cerf ".
Lorsque la princesse de Cystria vendit le domaine de Sceaux au Département de la Seine, en 1923, elle se réserva le Petit Château. Huit ans plus tard, le portail monumental fut inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Puis, en 1935, la princesse vendit le Petit Château à la ville de Sceaux, qui le céda au département de la Seine. Néanmoins, la ville conserva la jouissance du bâtiment et la bibliothèque municipale y resta installée jusqu’en 1985. L’édifice abrite aujourd’hui le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (C.A.U.E.) des Hauts-de-Seine. Des expositions et journées d’études y sont organisées.
L’Intendance
Le bâtiment de l’Intendance fut érigé à la demande du duc de Penthièvre, dans la seconde moitié du XVIII° siècle, au nord des communs. L’architecte Claude-Martin Goupy lui donna un plan rigoureux et une élévation aux lignes sobres. Il abrite aujourd’hui plusieurs services du département des Hauts-de-Seine.
Le Pavillon de Hanovre
Ce pavillon de jardin avait été construit pour Louis du Plessis, maréchal de Richelieu, petit neveu du célèbre cardinal, par l’architecte Jean-Michel Chevotet, au milieu du XVIII° siècle. Il se dressait à proximité de l’actuel boulevard des italiens, à Paris. Il abrita le magasin de l’orfèvre Christofle au XIX° siècle.
Seule la façade du bâtiment, inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, fut remontée, au début des années 1930, au sud ouest du parc de Sceaux, face à la plaine de Châtenay.
L’entrée d’honneur
A l’ouest de l’esplanade, un pont de pierre, jeté sur les douves sèches, conduit à l’entrée d’honneur : elle s’ouvre par une belle grille à deux ventaux, couronnée du monogramme doré " NT " (Napoléon-Trévise).
Elle est encadrée par les guérites, sumontées de groupes sculptés représentant des combats d'animaux, et des pavillons de garde dont les frontons triangulaires présentaient, autrefois, le blason des propriétaires.
Le Château
Le château des Colbert fut détruit dans les premières années du XIX° siècle.
En 1828, Napoléon-César-Edouard Mortier (1804-1869) qui deviendra le second duc de Trévise, épousa Anne-Marie Lecomte. Issu de la nouvelle noblesse d’Empire qui sut s’adapter aux différents régimes, le duc de Trévise accéda à la pairie sous la Restauration et fut nommé sénateur sous le Second Empire.
Il décida de faire construire un nouveau château. Les dessins furent demandés à Augustin-Théophile Quantinet (1795-1867), élève de Pierre Fontaine, célèbre architecte du Premier Empire. Alors que les fondations étaient déjà réalisées, Quantinet décida de se retirer. Ses projets furent un support essentiel pour l’achèvement de la construction, confié à Joseph-Michel Le Soufaché (1804-1887). Ainsi, à l’emplacement de l’ancien château des Colbert fut érigé une nouvelle demeure, brique et pierre, couverte d’un haut toit d’ardoise, caractéristique du style néo-Louis XIII, en vogue à cette époque. Si les travaux de gros œuvre commencèrent dès 1856, le décor intérieur ne fut achevé qu’en 1862. Restauré au début des années 1990, ce bâtiment abrite actuellement le musée de l’Ile-de-France, propriété du Département des Hauts-de-Seine, comme l’ensemble du domaine.

Site du parc du château de Sceaux

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