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Jardins et châteaux autour de Paris

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ASSOCIATION JARDINS ET CHÂTEAUX
AUTOUR DE PARIS
Domaine de Saint Cloud
92210 SAINT CLOUD

Gilles Bonnevialle, Administrateur

Tél : 01.41.12.02.90 Fax :01.47.71.38.20

Histoire de Saint Cloud et de ses jardins

Plans des jardins de Saint-Cloud

Jérome de Gondi,d'origine florentine, de petite noblesse, déjà baron de Montmirail près de Chateau Thierry, seigneur de Villepreux... se voit offrir par la Reine, Marie de Médicis en 1577, l'hôtel d'Aulnay avec ses dépendances, perchés sur le côteau de Saint Cloud, surplombant la Seine. Très intelligent il sait gagner la confiance du roi Henri III et de la Reine qui le comble d'honneur. En plus il hérite de son oncle Jean Baptiste une importante fortune crée dans la finance.

Bassin des 24 jets

Les gravures anciennes montrent plusieurs bâtiments élevés sur une terrasse et coiffés de hauts toits à la française. Au sud, côté jardin, se dresse un haut pavillon d'angle, de style Renaissance. A l'est, un long portique borde la cour qui s'ouvre sur le panorama de la Seine. Le château est modeste mais le site est admirable avec une vue qui embrasse Paris et toute la campagne environnante, des jardins délicieux, riches en surprises. Vantés par les contemporains, les jardins de Gondi sont parmi les premiers jardins à l'italienne en Ile de France. on y découvre perspectives peintes au bout des allées, grottes artificielles, fontaines, cascades et quantité de statues. La cour vient à St Cloud et le petit Louis XIII admire la grotte dans les jardins.

Terrasse de l'Orangerie en mai 2003

Après un interval de quelques années le domaine est vendu puis racheté en 1625 par Jean François de Gondi, archevèque de Paris.

Jardins du Trocadéro

En 1644, côté cour, quatre portraits équestres de Charles IX, Henri II, Henri IV et Louis XII décorent la façade; on remarque aussi quatre esclaves en pied et douzes bustes. La cour est agrémentée de deux volières, d'une fontaine et de statues en pierre et en bronze. Mais le plus remarquable se trouve dans les jardins. C'est, en particulier une pièce d'eau carrée où se dresse un Neptune "qui fait jaillir l'eau par cinq ouvertures à la hauteur d'une maison". Non loin de là, d'autres fontaines encore ainsi qu'une réplique du Laocoon. On arrive ensuite à la grotte ornée de statues et "gentiment formée d'un assemblage de colimaçons marins, de concrétions, de miroirs, d'agate, de verre, mais en ce moment - précise le voyageur - un peu laissée à l'abandon.

En 1655, Louis Huygens note à son tour que les fresques qui décorent les murs extérieurs de la maison ont "beaucoup souffert de l'injure de l'air et du temps".

Vue sur Paris depuis la lanterne

En 1655, la propriété vient de passer aux mains de Barthélemy Hervart (1607-1676) que Louis XIV, cinq ans plus tôt, a fait nommer à la charge d'intendant des finances. Déjà propriétaire d'un magnifique hôtel parisien, Hervart a les moyens de donner plus de lustre encore à son nouveau domaine. Il fait agrandir et moderniser la maison. Il s'emploie aussi à amener les eaux de Garches et des terres voisines, ce qui lui permet "d'avoir un jet d'eau de 90 pieds alors qu'on avait pu élever l'eau qu'à 50". Les transformations opérées par Hervart ne sont pas passées inaperçues et la "Maison de Gondi" - comme on l'appelle toujours - a de quoi susciter les convoitises. En 1655, le domaine est racheté par le banquier Barthélemy Hervart qui continue les aménagements hydrauliques et trois années plus tard, il donnera une fête pour la famille royale le 6 octobre 1658. Cette fête est tellement somptueuse qu'en réfléchissant un peu et sur les conseils de Mazarin, il préfère revendre son château très peu de temps à Monsieur que de risquer une disgrace, Fouquet n'y pensera pas, lui !!!

Le domaine est vendu le 25 octobre 1658, peu de temps après que le roi et la cour y ont été magnifiquement reçus. En l'achetant pour Monsieur, Louis XIV met déjà en place sa politique de main-mise sur l'Ouest parisien : Saint Cloud fera partie de la constellation versaillaise. C'est là le grand oeuvre de Monsieur, largement financé par le roi et dont les travaux vont durer près d'un demi-siècle.

Le jardin de Monsieur est " le plus beau du monde tant pour la situation que pour les eaux ", écrit en 1670 Sophie de Hanovre dans ses Mémoires. Le " jardin " a vite pris de l'ampleur. Grâce à l'acquisition de la propriété du Tillet, il descend désormais jusqu'à la Seine où la petite île en amont portera bientôt sur les plans le nom d' "Isle de Monsieur ". Au sud, il se déploie vers Sèvres; à l'ouest vers Marnes et Villeneuve. Dès qu'il le peut, Monsieur acquiert les terrains alentour. Jusqu'à sa mort, il n'aura de cesse qu'il n'agrandisse son domaine : de 12 hectares environ en 1658, il passera à 400 hectares en 1701. Le site est beau mais difficile, très en pente et accidenté. Son aménagement sera l'un des chefs d'oeuvre d'André Le Nôtre. Car, pour qui sait la maitriser, la déclivité du terrain devient un avantage : elle permet de ménager des effets pittoresques, des vues profondes et de surprenantes perspectives. Appelé en 1665, l'architecte jardinier dessine un quadrillage savant de parterres et de bosquets, rythmé par des coupures, des bassins et des ronds-points.

L'ensemble s'organise autour de trois grands axes qui rayonnent à partir du château : au sud l'allée de la Balustrade, montant à la patte-d'oie; à l'ouest, la large pespective de l'Orangerie, alignant les bassins nouvellement creusés des Vingt-Quatre Jets et de la Grande-Gerbe; au nord, l'avenue du château partant de biais.

La cascade haute fut construite en 1660 à 1664, inaugurée par Louis XIV en 1665 et refaite en 1667 par Antoine Le Paultre pour la seconde femme de Monsieur, Elisabeth de Bavière. Constituées de neuf terrasses et de nombreux bassins ornés de statues et de vasques, les murs sont décorés de stalactites pétrifiées et de masques en plomb crachant de l'eau. Cet escalier d'eau comportait aussi des jeux d'eau tels les nappes, pyramides, bouillons, champignos, gerbes, chandeliers, cierges, lames croisées...Le Bernin en séjour en France n'avait pas approuvé le coté spectaculaire et voyant de cette fontaine. Il préférait le coté plus naturel des constructions italienne ou les interventions de l'homme étaient plus discrètes, tout au moins en aparence.

La cascade basse, qui est le prolongement du petit canal, fut construite en 1698 par Jules Hardouin Mansart. Elle a été restaurée en 1835 sous Louis Philippe puis à partir de 1954. Elle est ornée de grenouilles crachant de l'eau sur des socles ornés de stalactites.

Deux grands projets de Le Nôtre resteront à l'état d'esquisses : la percée monumentale devant le château, dans l'axe de la cour d'honneur et l'aménagement sur la pente de l'allée de la Balustrade, d'une cascade à l'italienneL'imposante cascade dessinée par Le Pautre en 1660-1665, n'a de rustique que son décor de rocailles. Elle n'est guère au goût du grand architecte et sculpteur romain Gian Lorenzo Bernini - alors en France pour le projet du Louvre -, qui la trouve trop " ajustée ", pas assez naturelle. Mais elle est l'orgueuil de Monsieur et impressionne le visiteur quand on fait jouer les eaux. A la fin du sièle, Hardouin-Mansart en amplifie les effets par la création d'un second ouvrage, appelé Cascade basse ou Grandes Nappes. L'ensemble qui s'étage sur près de 200 mètres, sera dès lors souvent comparé à "un superbe théatre de cristal jaillissant ". On attribue encore à Hardouin-Mansart la modification du bassin des Cygnes, creusé par Girard en 1672-1675, devant le château, au sud : bordé à l'origine de douze figures allégoriques sculptées par Cadaine - les Quatre Saisons, les Quatre Eléments et les Quatre Parties du monde -, le miroir d'eau devient l'actuel bassin du Fer à cheval. Tous ces nouveaux aménagements nécessitent d'importants apports extérieurs en eau; le réseau hydraulique du ru de Vaulichard ne suffit plus. Afin d'agrémenter la puissance de ses fontaines, Monsieur fait creuser un Grand Réservoir et met en chantier un aqueduc souterrain conduisant les eaux depuis les étangs de Ville-d'Avray.

Bassin des carpes..............................................Bassin des trois bouillons

Tout au long du XIX ème siècle, Saint Cloud va vivre au rythme des évènements qui secouent la France, témoin de l'agonie de deux royaumes et de l'effondrement de deux empires.

Premier Consul, Bonaparte choisit Saint Cloud comme seconde résidence. En 1801, il décide de la remise en état du château, puis rachète les terrains vendus à la Révolution et confie la direction des travaux à Pierre François Léonard Fontaine.

Le 18 mai 1804, Napoléon Bonaparte reçoit la couronne impériale des mains de Cambacérès : la scène se passe à Saint Cloud dans la galerie d'Apollon. Là est également célébré le mariage civil de Napoléon avec Marie-Louise d'Autriche. Mais c'est aussi à Saint Cloud que l'empire expire : le 3 juillet 1815.

Après l'abdication, le 26 juin 1815, de Napoléon 1er, Louis XVIII (1755-1824) rentre en France. A Saint Cloud, où il réside peu, le nouveau souverain fait construire des écuries et surtout charge l'architecte Maximilien Joseph Hurtault de dessiner sur la colline de Montretout un jardin à l'anglaise destiné aux enfants de France et baptisé Trocadéro en mémoire de la victoire remportée en Espagne par le duc d'Angoulême. Commencé en 1823, le jardin est achevé sous Charles X qui le fait alors relier au second étage du château par une passerelle suspendue. A la même époque, l'entrée de la cour d'honneur est dotée de deux nouvelles statues colossales en pierre, La Seine et une Naiade, exécutées en 1828 par Nicolas Augustin Matte et Charles François Nanteuil-Leboeuf (aujourd'hui à Versailles, musée national du Château). Le 25 juillet 1830, c'est à Saint Cloud que Charles X signe les Ordonnances. Tenté pour rétablir l'autorité du régime en suspendant les libertés de la presse et en modifiant les lois électorales, ce coup de force, au contraire, en précipite la fin. Le roi quitte Saint Cloud, abdique en faveur de son petit-fils Henri, duc de Bordeaux, compte de Chambord, et prend le chemin de l'exil.

Son successeur, Louis Philippe a mis quelque temps à apprécier le château de ses ancêtres, auquel il préfère nettement sa résidence privée de Neuilly. Eprouvant de la répugnance "à se mettre à la place et dans les lieux naguère occuppés par Charles X", il trouve à redire à la distribution du château "dans lequel il a cherché, sans succès satisfaisant, à retrouver des souvenirs de famille".

Néanmoins, la monarchie de Juillet correspond pour Saint Cloud à de grands travaux de réfection. Ils concernent la Grande Cascade (1835), les décors du château - la galerie d'Apollon est redorée et les peintures de Mignard sont restaurées . Des changements interviennent également dans la décoration, dus au goût personnel de Louis-Philippe. Les salons reçoivent de nouveaux tableaux, en majorité modernes. Dans les grands salons de réception, les riches soieries de Lyon que Napoléon avait fait tendre sont remplacées par la tenture de l'Histoire de Marie de Médicis, tissée aux Gobelins d'après les tableaux de Pierre Paul Rubens et destinée à l'origine à Versailles. Les guides du temps mentionnent dans ces mêmes pièces des peintures de Coypel et de Fraçois Lemoyne, probablement encastrées par ordre de Louis-Philippe afin de "raccorder leur plafond avec ceux de Mignard". A Nicolas Loir est attribuée la peinture du plafond du salon de l'Aurore, représentant le Lever de l'Aurore; A Jean Alaux, le nouveau décor mythologique qui orne le salon de Mercure. Louis-Philippe est également à l'origine de la nouvelle bibliothèque éclairée par une verrière et qui communique d'un côté avec les pièces de réception, de l'autre avec les appartements sur l'Orangerie : en 1846, elle renferme prés de 12 000 volumes. En 1836 la ligne de chemin de fer reliant Paris à Versailles est inaugurée.

Le 2 décembre 1852, l'Empire est proclamé et le prince-président Louis Napoléon Bonaparte reçoit dans la galerie d'Apollon le senatus-consulte qui le nomme empereur. Napoléon III signe à Saint Cloud, la déclaration de guerre à la Prusse, le 17 juillet 1870. Le 19 septembre, lors du siège de Paris, le château de Saint Cloud est occuppé par les Prussiens puis incendié le 13 octobre par des obus tirés depuis le mont Valérien . C'était une erreur de tir paraît-il !

Email : Gilles.bonnevialle@monum.fr

Histoire des jardins de Saint Cloud, Anfré Le Notre

http://parc.de.saintcloud.free.fr/

Grande cascade, trions sous la neige

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