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Jardins et châteaux autour de Paris

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Charles SEDELMEYER
Propriétaire d'Ambleville du 7 octobre 1893 au 24 juillet 1928

Portrait de Charles Sedelmeyer, né en 1837, décédé à Paris où Ambleville en 1925, marchand d'art, et grand collectionneur de peintures anciennes. La vente de ses collections organisée par lui à Drouot en 1907, fut un évènement considérable.
Le monde entier de l'art et des collectionneurs était présent lors des quatre vacations.
Voir ci-dessous le détail des quatres ventes de 1907
Il avait acquis le chateau d'Ambleville et ses dépendances d'Eugène Bertin ancien directeur des hopitaux, prète nom des Hamot, demeurant à Vanves le 7 juillet 1893, et dans la monographie de l'instituteur d'Ambleville, il est indiqué que Charles Sedelmeyer dépensa des sommes très importantes pour restaurer le château qui était en très mauvais état, mais il l'avait acheté une somme minime.
Ses héritièrs le vendront avec les statue et sans doute du mobilier à M. Boulloche en janvier 1928, revendu à Mdame Mers, qui le revendra au marquis de Villefranche le 24 juillet 1928. Les statues en pierre provenant de la villa d'Este, sur le lac de Côme, sont transportées et toujours à Villarceaux.

TABLEAUX
AQUARELLES ET DESSINS
composant la collection

Charles SEDELMEYER

PREMIERE VENTE
Comprenant les tableaux des écoles anglaise et française
Le jeudi 16, Vendredi 17 et samedi 18 mai 1907

DEUXIEME VENTE
Comprenant les tableaux hollandais du dix septième siècle
Le samedi 25, lundi 27 et mardi 28 mai 1907

TROISIEME VENTE
Comprenant les tableaux des écoles flamande, italienne, espagnole et des Maîtres primitifs.
Le Lundi 3, Mardi 4 et Mercredi 5 juin 1907

QUATRIEME VENTE
Comprenant les tableaux, aquarelles et dessins de l'école moderne et des dessins anciens.
Le Mercredi 12, Jeudi 13, Vendredi 14 juin 1907

et qui auront lieu dans la
GALERIE SEDELMEYER
4 bis, rue de La Rochefoucauld, Paris
Exposition particulière : Mardi...de 10 à 6 heures
Exposition publique : Mercredi... de 10 à 6 heures.
Commissaire-Priseur : Paul CHEVALLIER 10, rue de la Grange-Batelière.
Expert : Jules FERAL 7, rue Saint-Georges.

PARIS 1907

La vente sera faite au comptant. Les acquéreurs paieront dix pour cent en sus des enchères.

PREFACE de L. ROGER-MILES

Charles Sedelmeyer vend sa collection de tableaux !
Quand cette nouvelle se répandit dans le public - et Dieu sait avec quelle rapidité ! - Ce fut chez tous les amateurs de tous les mondes une fièvre extraordinaire de curiosité, un mouvement universel d'attention, et l'on s'en vint à l'hôtel de la rue de la Rochefoucauld, à cette galerie qui fut le théatre de si belles fètes d'art, pour avoir confirmation de la nouvelle, pour tacher de voir, pour connaitre, avant tous les autres parisiens, un détail, si mince fût-il, de ce coin qui fut si parisien.

Ceux qui feuilleteront ce premier catalogue constateront aisément que la réalité leur réserve plus de surprises encore que leur imagination n'en pouvait réver. Ce qu'ils verront dépassera de beaucoup en splendeur ce qu'ils pouvaient espérer voir; mais ils feront bien de ne pas se démunir en une seule fois de toute leur provision d'étonnement, car les autres ventes qui suivront la première, leur ménageront d'égales révélations et de joies égales.

Quand je sus quelle décision grave Ch. Sedelmeyer venait de prendren je pensai bien que cette décision n'avait pour cause déterminante un caprice d'homme qui a réussi dans la vie. Il avait fallu, pour amener à cette dispersion colossale l'infatigable amoureux d'art qu'est Sedelmeyer, une de ces secousses cruelles, qui vous détournent pour un temps de tout ce qui était l'objet d'une passion et la loi directrice d'un effort.

Certes, le célèbre marchand de tableaux, l'amateur érudit et compétent qui, depuis plus de cinquante ans, est sur la brèche, arrachant de l'oubli des talents qu'il convient d'admirer, éveillant chez ses clients le goût des collections, cet homme, dont le labeur fut énorme, dont l'effort en faveur de l'art fut inlassable et fécond, et dont l'autorité, comprise de tous ceux qui s'étaient éduqués de son savoir, est égale à cet effort, cet homme avait bien gagné de trouver, au soir de la vie, les années de repos, les années d'apaisement, quand ce ne serait que pour pouvoir, dans le recueillement, mais sans orgueil, jouir du spectacle de l'oeuvre accomplie.

Le besoin de la retraite justifait chez lui déjà le désir d'interrompre ses affaires. Il avait vu ses gendres et d'autres membres de sa famille, un temps ses collaborateurs, se séparer de lui pour créer eux mêmes des maisons, et le septuagénaire qu'il est pensait qu'il serait sage de mettre le point final à son activité. Mais une circonstance infiniment douloureuse est venue précipiter sa détermination, qui flottait indécise. La chère compagne de toute sa vie, celle qui avait été sa confidente aimée de ses heures de bataille, et avec qui il se préparait à fêter sa cinquantaine, lui fut enlevée, il y deux mois, et Charles Sedelmeyer sentit que quelque chose se brisait en lui.

Plusieurs jours après le deuil qui le frappait si brusquement, il me disait : "Je ne me sens plus le goût de continuer"; Et du ton dont il prononçait ces mots, on devinait l'angoisse qui l'étreignait, la subite révolution qui s'était opérée en lui, au point qu'ilne vit plus dans tous les chefs doeuvre qui garnissaient sa galerie - un véritable musée dont une capitale pourrait s'enorgueillir - que les témoins inutiles d'un bonheur à jamais disparu.

Et c'est pourquoi, ainsi que par l'obligation de liquider la succession, on va voir passer aux enchères son seulement son stock commercial, mais encore sa collection particulière, soit un millier de tableaux des maîtres les plus illustres de toutes les écoles. J'ai hate de parler de ces tableaux, autour desquels vont s'allumer toutes les convoitises : mais je veux, auparavant rappeler brièvement les étapes de la carrière brillante fournie par Ch. Sedelmeyer, ne serait-ce que pour saluer, en lui, l'un des plus fervents et des plus utiles défenseurs de l'art, au nom de ses clients et de ses amis, qui le suivront, dans sa retraite, de leurs regrets sincères, profonds, attendris.

Dès l'age de dix-sept ans, il avait commencer le commerce des tableaux. Exerçant d'abord à Vienne, sa ville natale où il format plusieurs collections, notamment la célèbre collection Gsell, il fut le premier à y faire pénétrer les oeuvres de l'école française de 1830. A partir de vingt ans il vint périodiquement à Paris; il y acquit la certitude que Paris était bien la capitale de l'art et il s'y installa, d'abord modestement, faubourg Montmartre, dans un local étroit, mais intime et intéressant, où les amateurs ne tardèrent pas à fréquenter assidument, puis rue de La Rochefoucauld, dans le bel hôtel au jardin duquel il emprunta le terrain nécessaire à la construction de la grande galerie. C'est dans cette galerie, on ne l'a pas oublié, qu'il dirigea quelques ventes sensationnelles comme les ventes de Secrétan et Crabbe et où l'on put voir l'exposition des oeuvres impressionnantes de Munkacsy, l'exposition Marie-Antoinette et celle d'une partie de sa collection, qu'il n'avait pas consenti à montrer il y a trois ans que parce qu'il s'agissait de fournir des subsides à une oeuvre de charité.

Charles sedelmeyer devant le cabinet de la galerie à la fin du XIXème, les toitures des tourelles refaites, les balcons vénitiens non posés encore, mais le support est installé.

Charles Sedelmeyer achetait donc des oeuvres d'artistes français, et en même temps il encourageait quelques peintres de son pays : V. de Brozik, qui fut un des meilleurs peintres d'histoire de notre temps, Pettenkofen, Jettel etc..., et surtout Michel de Munkacsy, dont le génie original et l'éxécution pleine de maîtrise venaient de se révéler en une oeuvre accueillie avec grand succès : "Le dernier jour d'un condamné.

Ch. Sedelmeyer commanda alors à Michel de Munkacsy les grandes pages qui lui assurèrent une réputation triomphale, "Milton dictant à ses filles le paradis perdu", "Mozart faisant exécuter son requiem", et surtout les deux scènes de la Passion : "Le Christ devant Pilatye", et "Le Calvaire", deux oeuvres fameuses dont l'exposition, rue de La Rochefoucauld, attira une foule innombrable, et qui répandirent le juste renom du maître en Europe et en Amérique, où elles furent acquises - pour un prix fort élevé, est-il besoin de dire- par un collectionneur de Philadelphie. Ces oeuvres, d'ailleurs avaient été vulgarisées par la gravure, car Ch. Sedelmeyer fut également éditeur d'eaux-fortes, des eaux-fortes qui sont recherchées des amateurs d'estampes, car elles marquent parmi les plus remarquables de la fin du XIXème siècle, et furent exécutées par les graveurs les plus réputés, Waltner, Koepping, Mathey-Doret, Courtry, Laguillermie, Geyger, etc...d'après Munkacsy, Rembrandt, Van Dyck, Domenico Ghirlandaio et frans Hals.

Toutefois, à coté de son effort en faveur de l'art moderne, Ch. Sedelmeyer ne cessait de rechercher et d'acheter des tableaux anciens, et l'on n'a qu'à feuilleter les treize volumes publiés succesivement et où il les a catalogués, pour avoir une idée du nombre et de la variété des chefs-d'oeuvre qui passèrent par sa galerie, à ne nommer que la "Grande Madone de Colonna", par Raphaël, qui fait désormais partie de la collection de Pierpont Morgan. Que de collections d'ailleurs, aussi bien les collections particulières que les musées, lui doivent les plus purs joyaux de leur parure ! Citerais-je à Paris les collections des deux frères Rodolphe et Maurice Kann, qui, sans contredit, sont les plus belles et les plus riches de l'Europe ? Rappellai-je que, sur la demande de M. Marquant, président du Métropolitan Museum, il s'en fut, le premier, en 1887, montrer dans ce musée une série d'oeuvres remarquables des maîtres hollandais ? Mais les américains n'étaient pas encore mûrs pour l'initiation, et pas un seul de ces tableaux anciens ne trouva d'acquéreur. Que les temps ont changés !

Ch. Sedelmeyer ne se découragea pas, et il eut raison, puisqu'aujourd'hui il a su former et faire admirer de très belles collections au pays des dollars. Dans cette école hollandaise, il s'est particulièrement attaché à deux maîtres; il a recherché avec une passion récompensée d'incomparables trouvailles, les oeuvres de Frans Hals, et de Rembrandt. Frans Hals, est-il besoin de le rappeler, était, il y a une quarantaine d'années, sinon presque inconnu, du moins singulièrement dédaigné. Ch. Sedelmeyer, quand il en rencontrait dans une vente les achetait, et il avait en face de lui un concurent tenace en la personne du Comte Mniszech, amateur convaincu et renseigné, et peintre lui même d'un réel talent; l'adjudication se faisait au profit de l'un des deux, dans les 2000 à 3000 francs, prix dérisoires, si l'on songe que deux des Franz Hals laissés par le Comte Mniszech ont été vendus récemment 800.000 francs.

Quant à Rembrandt, Ch. Sedelmeyer lui avait voué, de longue date, un véritable culte : près de cent oeuvres du maître lui passèrent par les mains, et s'il se les laissa enlever, c'est qu'il était heureux de conquérir de nouveaux admirateurs au génie du grand hollandais, celui qu'on a pu si justement appeler l'empereur de l'art, lui dont la vie fut empoisonnée de tant de misère, de tant d'amertume. Aussi Ch. Sedelmeyer était-il tout indiqué pour élever à Rembrandt le monument littéraire qu'est l'histoire de son oeuvre par M.W. Bode, l'illustre écrivain qui a le plus étudié ce maître. Mais on ne mène pas à bien un pareil ouvrage sans de lourds sacrifices; quand il s'agit d'aller à tous les coins de monde retrouver des originaux dispersés, pour les reproduire et les décrire, cela demande du travail et du temps : au bout de douze ans, le huitième et dernier volume vient d'être achevé, et ce n'est pas un des moindres titres de Ch. Sedelmeyer à la gratitude des amateurs, que d'avoir sans arrêt poursuivi la réalisation de ce projet, tel qu'aucun autre maître ne trouva de bonne volonté pour s'y consacrer. Enfin, lorsqu'il eut à faire connaitre ses hollandais de prédilection, Ch. Sedelmeyer s'attaqua avec le même entrain, la même fougue, à l'école anglaise du XVIIIème siècle, et l'on peut dire que la manifestation par lui organisée du génie de ces peintres fut et demeure éclatante.

Cela m'amène à parler de la collection qui va être dispersée.

On sait qu'il y aura quatre ventes : la première, qui fait l'objet de ce catalogue comprend les oeuvres de l'école anglaise et de l'école française du XVIIIème siècle; et j'imagine que, lorsque l'on pénétrera dans la galerie de la rue de La Rochefoucauld, pendant les deux journées qui précèderont les enchères on éprouvera l'une des plus délicieuses et, en même temps, des plus fortes sensations de beauté qui se puisse réver
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La deuxième vente, qui fera l'objet du second catalogue, est entièrement consacrée à l'école hollandaise..

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Avec la troisième vente, dont les tableaux seront décrits dans le troisième catalogue, nous abordons l'école flamande du XVIIème siècle, les écoles italienne et espagnole et les écoles primitives diverses.

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Enfin pour la quatrième vente, on a réservé les oeuvres des diverses écoles modernes; et si l'on songe aux manifestations d'art multiples qui se sont produites pendant le XIXème siècle, on comprendra quel champs vaste s'offrait à un collectionneur aussi averti que Sedelmeyer; il devait y glaner à pleines mains: c'est ce qu'il fit.

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On trouvera dans les catalogues la description de chaque oeuvre, sans commentaire sur sa qualité, que les amateurs apprécieront lors des expositions précédant les quatre ventes : il est regrettable toutefois que le temps ai manqué de donner des reproductions plus parfaites et plus dignes de l'importance de la collection.

Mais il faut me borner : je n'ai fait qu'exprimer à traits rapides la revue de cette collection, l'une des plus nombreuses et certainement l'une des plus importantes qui aient été depuis quarante ans livrées au feu des enchères, selon la formule consacrée. Au début de ces lignes, je disais qu'il s'agissait là d'un musée : je maintiens le mot. Quand on pense au magnifique champ d'étude, à l'incomparable instrument de comparaison qu'offre une pareille réunion, quand on mesure tout ce qu'il y a de génie et de rayonnement de beauté dans ces oeuvres créées au cours de cinq siècles, on ne peut se défendre d'un regret à l'instant où tout va s'en aller pmar morceaux aux quatre coins de monde. Certes, cela fera des heureux : il s'y trouve tant de joyaux qui vont devenir la parure et l'orgueil d'autres collections ! Mais on éprouve une sensation pareille à celle qui vous étreint lorsqu'on a entendu une symphonie : on était sous le charme des grands masses orchestrales; on avait l'âme secouée par l'éclatante pensée du mucisien, l'oreille pleine de sonorités enchanteresses; et, tout à coup, le silence se fait, la salle se vide, les instruments rentrent dans leurs étuis; sur le bord de son pupitre le chef d'orchestre dépose son bâton, et l'on a comme un voile de tristesse qui vous passe sous les yeux : Sedelmeyer qui fut l'organisateur patient et laborieux de cette symphonie, vient de déposer son baton. Qu'il soit loué et qu'il soit plaint; mais il emporte dans sa retraite la certitude d'avoir bien mérité de l'art, cet art qu'au fond il aime toujours passionnément et au service duquel il donna les plus vaillantes années de sa vie.

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