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Jardins et châteaux autour de Paris

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Histoire du château d'Ambleville
Près du hameau du Vaumion, jouxtant Ambleville se trouve le Mont Terrier ou Mont Terrible, où dit-on, Jules César y avait établi un camp. On a retrouvé des vases anciens, haches et ossements à la fin du XIXème siècle. En 1182, la chapelle St Léonard du Vaumion fut donnée par acte, avec un vivier, à l'ordre de Malte par Godefroy d'Ambleville. Le chef de la commanderie était à Louvières proche d'Omerville. Elle subsista jusqu'en 1315, au moment de l'abolition des ordres de chevaliers-prètres : les templiers d'Ambleville y disaient la messe une fois par an et recevaient pour cela huit boisseaux de blé.
Au XVIIème siècle beaucoup de notables y furent enterrés comme en témoigne les actes de l'Etat civil.
Pendant la révolution, la chapelle St Léonard fut vendue comme bien national et achetée par le citoyen Lefèvre. En 1899 elle appartenait toujours à ses héritiers. Elle a été démolie au début du XXème, mais les deux autels latéraux ont été sauvés, adaptés et installés dans la grande salle à manger du château par Charles Sedelmeyer en 1900. Les deux colonnes torses en bois sculpté et doré de l'autel, datant du XVIIème siècle ornaient la galerie des tapisseries du temps des Villefranche.

Portrait de Nicolas de Mornay. Gouache, XVIème.

Le château médiéval fut modifié et reconstruit en parti au XVIème siècle par lun Mornay, puissante famille du Vexin, héritiers des Essarts, et seigneusr de Villarceaux. Le pavillon du chatelet et le corps central du château à deux étages est attribué à Jean Grappin, architecte d'origine italienne, célèbre pour avoir participé à la construction la cathédrale Saint Gervais de Gisors et du buffet d'orgue. Il n'existe aujourd'hui que peu de vestige de la forteresse féodale, les fossés ont été comblés au XVIème siècle lors des travaux de 1545. Les caves du château datent en grande partie des XIIIème et XIVème siècle. L'appareillage des murs laisse penser à une construction soignée, proche des châteaux forts royaux. Dans l'une des tourelles on pouvait voir la chambre de justice du Seigneur d'Ambleville jusqu'au rachat de Charles Sedelmeyer.

Henry Soulange -Bodin, spécialiste des châteaux a écrit :

"Ce bijou de la Renaissance a le grand mérite de ne pas avoir été déshonoré par des restaurations de mauvais goût".

La façade nord est ornée d'une corniche et d'une frise de plantes, narcisses, tulipes et roses romaines, rythmée par des pilastres cannelés disposés dissymétriquement. On retrouve une frise semblable sur un hôtel particulier de Magny en Vexin.

Charles Sedelmeyer acheta le château en très mauvais état en 1893 et le restaura à grand frais, en faisant installer des cheminées, balcons vénitiens, replacer des plafonds enlevés par les Hamot et qui avaient vendus les éléments décoratifs du château.

En 1928 la marquise de Villefranche acheta le château pour les statues du parc, que Charles Sedelmeyer avait acquise à la vente de la villa d'Este, pour son château de Villarceaux. Mais elle succomba, elle aussi, au charme de cette demeure et restaura d'une façon admirable les jardins. Sa petite fille Stéphanie de Villefranche, Comtesse Roland Lepic prit le relais jusqu'en 2001.

Le château est inscrit aux monuments historiques le 4 juin 1926 et classé le 20 juin 1945. Les jardins murs d'enceinte et communs ont été inscrits à l'inventaire des Monuments historique depuis. En 2007, nous avons bénéficié du Prix Villandri de la Demeure Historique. Le grand prix européen EBTSnous a été décerné en 2014. En 2015 puis 2016, Ambleville a été honoré d'une * au Guide Vert Michelin.

Charles Sedelmeyer fit sculpter le corps de batiment mitoyen de l'église d'une frise moulée d'après celle de Jean Grappin, et fit remplacer les tourelles surmontés de domes par des toitures en poivrière. La marquise de Villefranche les fera rétablir d'après les originaux au milieu du XXème siècle d'après les originaux de la Renaissance conservés près des écuries. Le corps de batiment accolé à l'église, est plus ancien, et l'entrée primitive avec pont levis a été remplacé au XVIIème par cette porte et un escalier en pierre orné vers 1700 d'une rampe en fer forgé.
Une aile en retour a été transformée et non reconstruite, vers 1700 par les Mornay, avec un important fronton orné d'un très cartouche jamais sculpté, et des clefs d'arc en plein ceintre des fenètres jamais terminés non plus.

Les archives de la mairie fournissent des renseignements intéressants sur la période des premiers temps de la Révolution, qui est l'époque où commence l'apparition confuse d'une organisation municipale.

Le plus ancien des actes inscrits au Registre des Délibérations relate la nomination d'un Maire, de Notables, d'un Procureur, d'Officiers Municipaux. C'est au prône que se font les convocations et elles sont affichées à la porte de l'église.
En 1790, les électeurs actifs de la commune nomment comme maire : Antoine PORRION , curé de la paroisse ;
Officiers municipaux : Jean BERRY , maçon et Pierre POURFILLET , laboureur ;
Procureur : François JACOB , laboureur ; Notables : Jean-Baptiste MANCELLE, laboureur , Pierre PREVECOEUR, laboureur, Marrain TARRY, laboureur , Louis BENOIST, laboureur et Pierre BENOIST marchand.
Tous prêtent serment en ces termes : « Je jure de respecter la constitution, d'être fidèle de la Nation et au Roy ».

Leur premier acte :« Etant touchés des malheurs de l'Etat et considérant les besoins pressants où il se trouve actuellement est d'un commun accord de faire à la Patrie l'offrande de l'imposition totale faite sur les ci-devants prévilégiés de la paroisse pour les six derniers moins de 1789. » Une garde nationale est formée le 27 juin 1790, Jean de La Roche, ancien militaire, en est élu commandant ; il prête serment de maintenir la constitution de tout son pouvoir sur la réquisition des corps administratifs et municipaux et de prêter main forte à l'exécution des ordonnances de justice et à celles des décrets de l'Assemblée Nationale acceptées et sanctionnées par le Roy.

Le 14 juillet 1790, jour anniversaire de la prise de la Bastille Antoine Porrion, maire, convoque l'assemblée générale des citoyens d'Ambleville. La séance a lieu dans la maison presbytériale. A l'issue de la séance, une messe solennelle est dite et le maire donne lecture de l'adresse des citoyens de Paris aux français. Tous les citoyens présents prêtent le serment fédératif.
Enfin, à la suite d'un décret de l'Assemblée Nationale, les prêtres sont obligés de prêter le serment civique.
Voici celui que prononça Antoine PORRION, curé et maire : « Je jure de veiller avec soin sur la paroisse qui m'est confiée, d'être fidèle à la nation, la loi et au Roy , de maintenir de tout mon pouvoir la constitution du royaume décrétée par l'Assemblée Nationale et acceptée par le Roy, dans tout ce qui ne serait pas contraire au régime spirituel de l'église, aux dogmes de la foi et religion catholique dans laquelle je déclare vouloir vivre et mourir. »

En 1792, M. BERRY Pierre est nommé maire : c'est lui qui procède à l'inventaire des objets de l'église pouvant être convertis en monnaie, il trouve : une croix d'argent pesant 4 livres un quart ; un bénitier d'argent pesant 3 livres trois quarts. Pendant le mandat de M. Berry, une proposition de partage des biens communaux est rejetée par 590 voix contre 16, le 5 Ventôse an II (1794).
Le 12 Ventôse an II, M. Leprêtre est nommé commissaire pour accompagner le Président du Comité de Surveillance pour recevoir les dons des bons patriotes en vue de faciliter la défense de la patrie.
A cette époque, on retrouve dans le Registre des Délibérations trace de ce souffle puissant de liberté et d'égalité, qui, parti de France, a ébranlé le monde.
L'époque agitée de la convention est marquée par les réquisitions : le 22 Floréal an II, c'est la voiture du citoyen Etienne Benard, charretier et chevaux qui doit porter du foin à Versailles ; le 22 Vendémiaire an III Pierre Morisset, Jean-Baptiste Tarry et Edeline sont requis pour aller battre chez le citoyen Bertaux pour l'approvisionnement du marché de la Roche ; le même jour Jean Edeline est nommé salpêtrier et la commune d'Ambleville fournit à la salpêtrerie de Magny 481 livres de soude pesant quatre degrés.

De 1802 à la fin du XIXème, les différents maires qui se sont succédés à Ambleville sont : 1802 : Pierre POURFILLET ; 1803 : Philippe LEPRETRE ; 1803 : Pierre BRANCHU.

Le bureau de la mairie, d'abord chez Pierre POURFILLET, est transféré chez Philippe LEPRETRE.
De 1804 à 1807, Leprêtre Philippe est nommé à nouveau. A cette époque, Ambleville est en désaccord avec la commune de Bray, qui prétend faire participer la commune d'Ambleville à la reconstruction de deux ponts sur l'Epte. Le conseil municipal, après avoir examiné le contenu d'une lettre du sous-préfet du ler arrondissement, avec tout le respect dû au 1er magistrat de l'arrondissement, après un simple exposé « marqué au coin de la vérité », fait savoir que lesdits ponts ne lui servant à rien, ont dû être bâtis par les seigneurs de Beaudemont pour établir les droits de barrage que toute féodalité étant abolie, la commune d'Ambleville ne doit pas contribuer à la restauration desdits ponts.

De 1808 à 1816, M. Grégoire Alexandre Dupuy de Gerville est nommé maire par décision préfectorale. Il prête serment de fidélité à l'Empereur, puis à Louis XVIII, de nouveau à l'Empereur et enfin une dernière fois à Louis XVIII.

De 1816 à 1832, M. Leprêtre Alyre : en 1817 il fait par ordre procéder à la vente d'un peuplier, dit arbre de liberté et l'adjuge pour 31 Frs et 10 sols. C'est pendant cette période que la commune réclame le partage des biens communaux situés près de Villiers, biens indivis entre Ambleville, Omerville et Chaussy. La demande de la commune est rejetée et le droit de possession est acquis à ceux qui ont fait acte de propriété en défrichant ces biens. De 1833 à 1840, M. Branchu Pierre Jacques reçoit de Madame de Gerville l'acte de donation du presbytère, puis le legs d'une rente de 100 Frs offerte également par Madame de Gerville pour le soulagement des pauvres (par suite des conversions successives, cette rente ne s'élève plus aujourd'hui qu'à 62 Francs). C'est aussi pendant cette période que la maison d'école actuelle est construite.
De 1841 à 1857 : M. Benoist voit trois gouvernements se succéder ; le 28 mai 1846, un incendie considérable détruit une partie du village, une souscription est ouverte pour venir en aide aux victimes :

LOUIS PHILIPPE s'inscrit pour 500 Frs, Melle Adélaïde, soeur du roi, pour 100 Frs et la Duchesse d'Orléans, pour 100 Frs.
Le 7 avril 1848, deux arbres de liberté sont plantés, l'un à Ambleville, l'autre au Vaumion
Le 1 er juillet 1848, la Garde Nationale d'Ambleville part pour Paris, après les journées de juin.
Le 20 décembre 1851, 136 électeurs sur 136, à la suite du coup d'état du 2 décembre, votent le maintien de l'autorité de Louis Napoléon Bonaparte. Enfin, en 1852, 136 voix sur 136 votants votent le rétablissement de la dignité impériale dans la personne de Louis Napoléon Bonaparte.
De 1857 à 1865, M. Berry Pierre Alexandre contribue à faire acheter à la commune une pompe à incendie.
Les prétentions de la commune de Bray-Lû sur le marais de Becquerel sont écartées.
De 1865 à 1878, M. Blot Jean Joseph Brutus, chevalier de Légion d'honneur, ancien officier, remplit les fonctions de maire.
A l'approche des Prussiens, les archives de la mairie sont mises en sureté.
Pendant l'occupation étrangère, Ambleville fait de nombreuses fournitures pour les subsistances des troupes prussiennes qui occupent Magny.
En 1872, une horloge est achetée et placée dans la tour du beffroi ou clocher après restauration de celui-ci.
Enfin, en 1875 le bureau de poste de Bray-Lû est créé et un facteur apporte tous les jours les correspondances aux habitants d'Ambleville et du Vaumion.
De 1878 à 1881, M. Louis Ernest Leprêtre . Un premier projet de construction d'une nouvelle maison d'école ne réussit pas.
De 1881 à 1888, M. Pinard. La commune est mise en demeure de construire une nouvelle maison d'école ; le conseil municipal refuse catégoriquement. M. Pinard, maire, proteste contre la décision du conseil. A cette époque, la commune est dotée de lavoirs ; des bornes-fontaines distribuent l'eau dans tout le village.
De 1888 à 1892, M. Louis Barthélémy Lapinte fait agrandir le cimetière.
De 1892 à ..., M. Louis Ernest Leprêtre consacre tous ses efforts à la construction d'une maison d'école.

Mairie (locaux)

De 1790 à 1802, les séances avaient lieu soit dans l'église, soit dans la maison presbytérale ; en 1802, elles ont lieu dans la maison du maire Pourfillet. Enfin, en 1805, un local très réduit existe chez Philippe Leprêtre. Pendant longtemps, les séances ont lieu en cet endroit.
En 1841 fut construite la mairie actuelle. Située au 1er étage et contigüe au logement de l'instituteur, elle laisse beaucoup à désirer, et comme installation et comme grandeur. Un petit cabinet renferme les archives et les fusils des sapeurs-pompiers. La nouvelle mairie actuellement en construction est beaucoup plus spacieuse et plus jolie, selon les critères de l'époque.
Souhaitons pour la prospérité du pays que beaucoup de jeunes époux venant y prononcer le OUI sacremental donneront à la terre d Ambleville des bras pour la cultiver.
Impôts
On retrouve trace des anciens droits féodaux jusqu'en 1790. A cette époque, le paysan devait encore payer toutes sortes de redevances à son seigneur et à son curé. La Révolution l'a affranchi de ces impôts aussi lourds que vexatoires.
En 1791, une commission est nommée pour l'évaluation de la contribution foncière et un receveur communal est nommé avec un traitement de 55 livres.
En l'an II, une autre commission est nommée pour l'évaluation du foncier et du mobilier.
Depuis, les percepteurs qui se sont succédés sont MM. :
PONSARD ; BERON (1823-1825) ; COUDRAY (1825-1853) ; DUPRE (1853-1857) ; JILLETARD (1857-1862) ; TUBAUD (1862-1883) ; LE GOUX (1883 à ...).
Ambleville fait partie de la perception de Montreuil-sur-Epte ; le percepteur M. Le Goux, est autorisé à rester à Magny-en-Vexin.
En 1899, les contribuables d'Ambleville paient comme contributions directes 11 316,40 francs, qui se répartissent ainsi qu'il est indiqué dans le tableau suivant :
Foncière Personnelle + Mobilière Portes + Fenêtres Patentes Total
7 388,49 2 248,96 1 074,53 604,42 11 316,40
Un emprunt pour chemins, dont l'annuité est de 200 F, va être remboursé d'ici quelques années. Enfin un autre emprunt de 22 500 F remboursable en 30 ans (annuité de 1 147 F) a été contracté dernièrement pour la construction de l'école-mairie auprès de Mme Lebaudy-Rollay.

Sources genearouseau.

Ambleville a repris les armes de la famille de Mornay (16e siècle). Elles sont parlantes, car le lion est "morné", c'est-à-dire représenté sans langue et sans griffes.

SITUATION

Ambleville est une des 28 communes du canton de Magny-en-Vexin ; elle est distante du chef-lieu de 7 Km. Le chef-lieu d'arrondissement, Mantes, est à 23 Km. Enfin, Ambleville est à 60 Km de Paris et à 70 Km de Versailles.

Ambleville est un charmant village de l'arrondissement de Mantes situé dans la vallée de l'Aubette de Magny. Cette rivière pénètre sur le territoire de la commune vers la partie moyenne de son cours, l'arrose sur une longueur de plus de 3 km et va se jeter dans l'Epte au lieu-dit le Becquerel sur le territoire de Bray-Lû, à environ 400 mètres du pont qui sépare cette dernière commune de celle d'Ambleville. De chaque côté de l'Aubette s'élèvent deux lignes de collines qui, après avoir atteint une hauteur d'une centaine de mètres, se continuent par deux plateaux, l'un très étendu du côté sud, l'autre beaucoup plus resserré vers le nord, qui se termine à la vallée de l'Epte. Sur le versant nord du premier de ces plateaux s'étagent les maisons du village. Sur l'autre plateau, dans une coupure profonde, où coule un affluent de l'Aubette, se trouve le Vaumion, hameau important d'Ambleville. C'est en suivant la route qui relie le Vaumion au village qu'on découvre ce dernier.

Les maisons sont placées en amphithéâtre sur la rive gauche de l'Aubette et viennent au fond de la vallée jusqu'à environ 100 mètres de la rivière ; un vieux château féodal avec sa masse imposante termine la ligne des constructions. Il semble encore, comme du temps du moyen âge et malgré des embellissements plus modernes, écraser par sa masse les minuscules habitations des fils de ceux qui étaient les serfs du château. Mais heureusement le temps n'est plus où le seigneur répandait l'effroi et la terreur dans la campagne ; ce n'est plus avec haine que les habitants regardent le château, c'est avec reconnaissance ; ses hôtes ne sont plus les tyrans du pays, mais les bienfaiteurs.

Les vignobles, les fabricants de bas, les bonnetiers ont disparu. Deux filatures de coton, l'une à Hodent (Pont d'Hennecourt), l'autre à Bray-Lû, occupaient beaucoup d'ouvriers d'Ambleville. Ces industries ont été abandonnées et leur arrêt a entraîné le départ d'un certain nombre de familles. Il faut aussi tenir compte du mouvement de l'exode rurale. Il y a à Ambleville 139 maisons habitées par 131 ménages. La population au chef-lieu (Ambleville) est de 252 habitants ; celle du hameau Le Vaumion est de 151 habitants ; enfin dans les deux écarts du moulin à Tan et à Pont-Rû, on en compte à peine 6.

HISTORIQUE DU LIEU

L'occupation du territoire d'Ambleville est très ancienne ; on y a retrouvé de nombreux vestiges préhistoriques (outils de silex, pointes de flèche, grattoirs et pioches en bois de cerf). D'autres vestiges (vases, pointes de javelots, ossements...) a priori d'époque romaine ont été découverts au Mont-Terrier (ou Mont-Terrible), près de Vaumion, hameau assez important et d'une origine fort ancienne, faisant partie de la commune d'Ambleville. Le hameau du Vaumion, qui fut le noyau de la Commanderie de Louvières et Vaumion, possédait une chapelle dédiée successivement à Saint-Thomas et à Saint-Léonard. Construite dans les dernières années du XIIème siècle, elle fut offerte en 1182 avec un vivier et un bois à l'Ordre de Malte par Godeffroy d'Ambleville son fondateur. Pendant la révolution, la Chapelle Saint-Léonard fut vendue comme bien national (1793) et achetée par le citoyen Lefèvre aux héritiers duquel elle appartenait encore en janvier 1899. Elle fut vendue cette année-là, détruite, et ses matériaux ont été employés à la construction de la mairie-école d'Ambleville. Près de la chapelle se trouvait l'emplacement d'un ancien cimetière féodal ; une croix en pierre était plantée au milieu et est encore visible aujourd'hui.

Le terrain sur lequel était construite la Chapelle fut acheté en 1962 par la famille ROUSSEAU afin d'y construire une maison d'habitation en face de la ferme familiale. Pour cette occasion, l'Abbé Paul HAREL, prêtre auxiliaire du Vexin offrit aux ROUSSEAU une monographie de la chapelle Saint-Léonard rédigée au début du XXème siècle par M. Victor le RONNE. Nous vous livrons dans ce qui suit le texte intégral de celle-ci.

Notice sur la Chapelle Saint-Léonard par M. Victor le RONNE, membre de la Commission

Dans notre réunion du 27 juillet 1900, j'ai signalé avec regret à la Commission, la destruction récente de la chapelle de l'ancienne commanderie de Malte au Vaumion, et la Commission a bien voulu me charger de recueillir quelques renseignements historiques et archéologiques sur ce petit monument.

Nous ne nous attarderons pas à donner des renseignements généraux sur l'ordre religieux et militaire des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, que chacun connait, et dont les membres furent par la suite, successivement appelés : Chevaliers de Rhodes (1310) et Chevaliers de Malte (1530). On sait également que pour la facilité de leur administration les possessions de l'ordre étaient divisées en huit circonscriptions appelées "Langues" que chaque langue était subdivisée en Grands Prieurés et ceux-ci en Commanderie.

Nous ne voulons parler que du Vaumion et de sa chapelle. Disons d'abord, pour bien déterminer l'emplacement de cet édifice, que le Vaumion est un hameau assez important et d'une origine fort ancienne, faisant partie de la commune d'Ambleville, dans le canton de Magny-en-Vexin. L'inventaire général des titres de cette Commanderie, dressé en 1140 et 1746, forme un volume in-folio conservé aux Archives de Seine-et-Oise (série H). La première pièce qui s'y trouve mentionnée est un acte passé en 1151 par lequel l'archevêque de Rouen, Rotrou, met les frères de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem en possession de la terre du Vaumion, avec la chapelle de Saint-Thomas, un vivier, un bois et une grande pièce de terre, à eux donnés en perpétuelle aumône par Godefroy d'Ambleville du consentement de Roger et de Jean d'Ambleville ses frères. Le nom du lieu est désigné "Vallemeion". La donation fut acceptée par le vénérable frère Guillaume de Chenay, alors commandeur à Rouen.

En 1212, par acte passé à Saint-Germain-en-Laye, sous le seing du Roy, les Hospitaliers achetèrent de Gaultier de Louviers, la terre de Louviers ou Louvières, et de Guillaume des Essarts, le fief de Gerville. Ces deux localités font actuellement partie de la commune d'Omerville, limitrophe de celle d'Ambleville. Ces ventes furent agréées par Guy de la Roche, seigneur dominant. Les terres furent réunies à celle du Vaumion et formèrent ainsi, dès le commencement du XIIIème siècle, la commanderie de Louvières et Vaumion, qui, après divers remaniements et vicissitudes, fut confirmée et réorganisée en 1645. La commune d’Ambleville fut partiellement détruite par un incendie en 1846. Le hameau du Vaumion, noyau de la Commanderie de Louvières et Vaumion par le passé, est d'origine très ancienne.]

Ambleville, placé sur la frontière entre la Normandie et l'Ile-de-France, en bordure de l'Aubette, est né d'une nécessité défensive. Il s'agissait avec les châteaux de Magny et de Beaudemont qui commandaient la vallée de l'Aubette, d'arrêter les incursions anglo-normandes. Le Château d'Ambleville, d'origine féodale (XIIème), fut donc un ancien poste de garde et de surveillance, surplombant la vallée de l'Epte, érigé contre les invasions anglo-normandes.

UNE ORIGINE FEODALE

Ambleville dépendait de la châtellenie de la Roche-Guyon et le premier seigneur de ce fief dont on trouve trace dans les documents écrits est le chevalier Eustache d'Ambleville qui fut en 1066 compagnon de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie. « Un seul, parmi les hommes de guerre venus à la suite du Conquérant ne réclama ni terres, ni or, ni femme et ne voulut rien accepter de la dépouille des vaincus ; on le nommait E. des Essarts ; il dit qu'il avait accompagné son seigneur en Angleterre parce que tel était son devoir, mais que le bien volé ne le tentait pas ; qu'il retournerait en Normandie, pour y jouir de son héritage, héritage modique mais légitime et que, content de son propre lot, il n'enlèverait rien à autrui. » (in Histoire de la conquête de l'Angleterre, par A. Thierry, 5ème édition, p.24) La bibliothèque de la cathédrale de Bayeux possède un manuscrit intitulé « Anciennes histoires d'outre mer », faisant mention de Guillebert des Essarts, qui accompagna avec les autres seigneurs de cette province de Normandie, Robert Courte-Hense, duc de Normandie et Godefroy de Bouillon, duc de Brabant et de Lorraine, à la croisade de 1094 et 1096.

Plus tard sont cités Godefroi (1160), son frère Guillaume (1160) et Robert (1186) d'Ambleville, témoins lors de donations au profit de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise. Au début du XIIIème siècle, les bois d'Ambleville sont la propriété de Gérard de Vallenguérard qui les tient de Philippe Auguste. A cette époque féodale, le château était entouré de douves qui furent comblées au XVIème siècle ; de nombreux souterrains voûtés le traversent, qui ont un réseau semblable à celui de Villarceaux tracé à la même époque. Ils servirent à la Renaissance de cellules où l'on enchaînait les récalcitrants. La place actuelle du village était place aux Carcans. On trouve encore ce nom sur les titres de propriété des maisons voisines. C'est là sans aucun doute que se dressait la potence où l'on pendait les malheureux paysans. Dans les caves du château, on voit encore les anneaux de fer fixés dans la muraille, qui servaient à les attacher, reconstitués par Stéphanie de Villefranche.

Le Pouillé du diocèse de Rouen, dit Pouillé d'Eudes Rigaud ( archevêque, 1247-1275 ), rédigé vers 1250, signale que la paroisse avait cent familles et que Jean des Essarts était seigneur du lieu. Des Lettres de Robert, seigneur de Bueil, datées du mois d'Avril 1239, confirment et amortissent la vente faite par Jean des Essarts, chevalier, aux Templiers de Chanu, pour le prix de 173 livres parisis, de quarante trois journaux et un quartier de terre à semence, au territoire de Bueil, "in territorio de Bouol", aux lieus dits : à la Couture près du bois d'Halencourt, à la Couture de Villiers, à la Pierre-Tournante, à la Grande-Couture, derrière l'église de Villiers "retro monaterium de Vylers", à la Couture de la Croix-Bejet et enfin à la Couture de Mesler. Le fief resta dans la famille jusqu'au début du XVème siècle où la puissante famille de Mornay lui succéda. Un dessin du château d'Ambleville est reproduit ci dessous avec son donjon, l'église à droite et le pavillon de gauche qui sera transformé au début du XVIIIème par l'adjonction d'une façade moderne à fonton, et la supression du donjon médieval. Plan des châteaux de la région du XVIème siècle aux archives de Pontoise.


Il restera dans cette famille jusqu'au mariage de Jeanne des Essarts dame d'Ambleville et de Bouchard de Mornay en 1450 fondant ainsi la branche Mornay d'Ambleville.

LA RENAISSANCE D'AMBLEVILLE

On peut encore aujourd'hui apercevoir le nom et les armes de la famille de Mornay, qui deviendront celles d'Ambleville, sur le fronton d'une sortie à l'arrière du château. Parmi les hommes illustres de cette lignée : Guillaume de Mornay qui fut en 1500 maître d'hôtel du roi Louis XII et dont on parle encore aujourd'hui pour sa fameuse sauce.

Pilastres de la façade nord Renaissance du pavillon, cachant les ouvertures des montants de l'ancien pont levis

En 1522, Madeleine Pillavoine épouse Jacques de Mornay. Cette famille, qui conserve la seigneurie de Villarceaux jusqu'en 1737, est la plus importante pour l'histoire du vieux château de Villarceaux. Vers 1590, celui-ci appartient à Louis de Mornay ( petit-fils de Jacques,& frère de Jean, Sr héritier d'Ambleville. & de Jeufosse ) qui épouse Madeleine de Grouche.
Louis de Mornay, conseiller d'Henri IV, propriétaire de Villarceaux, fit élever sur la base féodale le château actuel de style Renaissance par Jean Grappin, en même temps que Nicolas de Neufville, marquis de Villeroy, Sr de Magny-en-Vexin & d'Alincourt (1543-1617), ambassadeur de France en Italie sous Catherine de Médicis, modernisait son château d'Alincourt. Louis de Mornay apporta aux jardins un goût romain. On a écrit que Villeroy avait participé aux travaux d'Ambleville à cette époque, ce qui est faux.

L'on sait aussi que la Cassandre qui inspira Pierre de Ronsard était une Salviati. Ronsard avait habité à 20 km d'Ambleville et, personnage d'importance, y avait été reçu par Mornay ; l'on dit qu'il y aurait composé une part de ses odes amoureuses à Cassandre. Louis de Mornay ( petit-fils de Louis ci-dessus ), capitaine de la Meute Royale pour le lièvre et le renard, est le représentant le plus célèbre de cette famille en raison de ses amours avec Ninon de Lenclos portrait ci-dessous ( protectrice de François d'Aubigné, future Mme de Maintenon, et du jeune Voltaire), puis avec la future Mme de Maintenon. Le nom de celle-ci reste encore attaché à une partie du vieux château appelé Château du Bas.

Madame de Maintenon séjourna à Villarceaux et vint sans doute à Ambleville en compagnie des enfants de Louis XIV, dont Louis Auguste, l'un des fils de Mme de Montespan.

C'est pour Louis de Mornay, personnage « du plus magnifique et du plus galamment mis » que Louis XIV érigea en marquisat la terre de Villarceaux. En 1711 le domaine fut acheté par Joseph de Marolles , écuyer, sur une adjudication de saisie à la requête de Gilbert de Voisins, seigneur d'Haute-Isle, de Villennes et Médan, sur une demoiselle de Mornay. A la mort de celui-ci en 1737, M. Labbé, ancien professeur de danse à Londres, acheta ce fief. Jean-Baptiste de Santeuil, écuyer, reçut ensuite Ambleville en dot lors de son mariage avec Anne Labbé, fille de l'ancien propriétaire. Ensuite il passa tour à tour dans les mains des Gerville, second mari d'Anne Labbé, puis est vendu aux, Filleul avant d'être acheté et restauré par Charles Sedelmeyer.

En 1928 la marquise de Tulle de Villefranche, née Mérode acheta le domaine. Sa famille le posséda jusqu'en 2003. Ci dessus photoghraphie avant la restauration des menaux des fenètres de gauche.

Les familles, seigneur, d'AMBLEVILLE

Détails architecturaux

La façade nord Renaissance est ornée de tourelles, d'angles en cul-de-lampe, dômes à écailles et habillée d'un très riche décor de pilastres, chapiteaux et frontons. On a ici, un travail de sculpture d'une très grande finesse : une admirable frise représentant des plantes bulbeuses (narcisses et tulipes, ainsi que des roses romaines).

Le Vexin Français

Isolé par les vallées de l'Oise, de la Seine et de l'Epte, le Vexin a conservé le charme des petits pays. Les campagnes y sont encore vouées à l'agriculture, les villages et les petites villes y restent à mesurent humaines et laissent découvrir aux amateurs de chemins détournés une incroyable richesse d'églises, de chapelles et de chateaux. Deux familles d'architectes, les frères Lemercier, originaires de Pontoise, et les Grappin, originaires de Gisors, ont fait de la région une terre d'élection des arts gothiques et Renaissance.

Un charme agreste

Formé par un plateau s'élevant de 100 à 140 mètres d'altitude, le Vexin français offre de grands espaces propices à la culture du blé, de la betterave et du colza. Un double alignement de buttes souvent boisées et les nombreux vallées parcourues par des rivières au cours nonchalant, Viosne, Sausseron, Aubette et leur affluents, rompent la monotonie du paysage.

Si quelques villages s'accrochent aux collines, la plupart sont nichés le long des cours d'eau. Les maisons sont peu élevées et construites avec du calcaire blond du pays, jointoyé au plâtre. Les églises sont le plus souvent gothiques, voire Renaissance comme à Montjavoult, à Saint-Gervais, au nord de Magny-en-Vexin ou Arthies, ainsi que de vieux lavoirs, tels ceux d'Amenucourt ou du Perchay.

Les petites routes et les chemins sont jalonnés de croix. Quant aux fermes, elles sont disposées en quadrilatère, et les plus grandes d'entre elles, les "fermes-châteaux", sont dotées d'un pigeonnier rappelant le donjon seigneurial. Au hasard des promenades le long des rivières se rencontrent de moulins qui servaient à moudre le blé du plateau et qui, de nos jours, sont souvent transformés en résidences secondaires. La peupleraie a souvent remplacé les prairies humides et les cressionnières, mais les marais et bois humides qui subsistent servent de refuge à une flore et une faune devenues parfois rares en Île-de-France. Dix pour cent seulement de la population vit encore de l'agriculture, mais le Vexin a su conserver son paysage traditionnel. Après les récoltes, lorsque le ciel est bas, le paysage est grave et empreint de quelque tristesse. Il s'illumine au printemps et se dore d'un jaune intense à la floraison du colza. Le peintre Daubigny pourrait encore retrouver les paysages qui l'ont inspiré au XIXème siècle le long du Sausseron ; la lumière et l'eau chères aux impressionnistes sont toujours présentes.

Un pays de château

Se dressant au milieu d'un village ou se profilant derrière les longs murs d'un parc boisé, les châteaux abondent dans le Vexin. On en compte quelque quatre-vingts. La plupart sont des propriétés privées, ce qui ne les empêche pas d'être ouverts au public, en particulier lors de la Journée du patrimoine, chaque année en septembre. Au nord, vers les franges de la Normandie, les vestiges des fortifications de Chaumont (église de style gothique flamboyant du XVIème siècle) ou de Courcelles rappellent le rôle stratégique du Vexin à la fin de la guerre de Cent Ans. En suivant l'Epte vers le sud, voici Ambleville, que l'on visite pour son château du XVIème siècle qui serait l'oeuvre de Grappin. En quittant l'Epte, on gagne ce qui est sans doute le plus bel ensemble, le domaine de Villarceaux, qui regroupe le château de Couvent (XIIème siècle, remanié aux XVIIème et XIXème siècle), le manoir (XVème-XVIème s.) de Ninon de Lenclos - protectrice de Françoise d'Aubigné, future Mme de Maintenon, et du jeune Voltaire - ainsi qu'un château du XVIIIème siècle avec un lieu consacré à l'art des jardins où des parcelles reproduisent les jardins du monde entier.

On s'arrête à Wy, dit "le joli village", ainsi nommé depuis qu'Henri IV se serait écrié : "Ah, le joli village !" devant sa forge médiévale. Puis on rejoint Guiry-en-Vexin, où l'Aubette a sa source, avec son château dessiné par Jules Hardouin-Mansart et une église construite du XIVème au XVIème siècle. Longeant la rivière, on admire le château de Gadancourt, qui date du XVIIIème siècle, et l'église Saint Martin, du XIIème siècle, au charmant clocher carré. A Vigny, le château, construit par le cardinal d'Amboise dans un pur style Renaissance, fut remanié au XIXème siècle à la manière d'un château des bords de Loire.

Si l'on quitte l'Aubette pour remonter la Viosne s'ouvre une magnifique perspective sur le château de Montgeroult, construit au XVIIème siècle par Jean de Dosnon et dont le corps central est flanqué de deux pavillons carrés. Enfin, pour conclure cette promenade à travers les siècles, il faut voir le château d'Us, qui mélange tous les genres.

Un très ancien peuplement

Le Vexin tire son nom des Gaulois Véliocasses, mais son peuplement est beaucoup plus ancien, comme l'attestent les nombreux sites archéologiques. Les peuples cultivateurs qui, au néolithique, ont défriché le plateau ont laissé derrière eux les allées couvertes d'Arronville ou de Guiry et les menhirs de Chars. La terminaison en "ville" (du latin villa,"domaine agricole") du nom de divers villages rappelle l'occupation romaine, de même que les chaussées encore visibles, comme celle dite "de Jules César". De nombreux monuments gallo-romains ont été mis au jour, notamment à Genainville et à Epiais-Rhus. Des sépultures mérovingiennes ont été découvertes à Arthies et Guiry.

Le musée de Guiry. présente de façon très vivante le produit des fouilles.