Histoire des Jardins et des châteaux en Belgique
Au moyen-age quelques miniatures et tableaux nous renseignent sur les jardins des XIV et XVème siècle et nous montre comme ils étaient raffinés. Il est souvent entouré d'un mur, plus ou moins important suivant la fortune du propriétaire et divisés en parcelle séparés par des treillages et des sièges, certains en simple maçonnerie et recouvert d'herbe. On y trouvait le jardin de plaisir pour la vue et l'odorat, le jardin de détente pour les jeux. Parfois dans les grands jardins de prince on y trouve un "jardin de raretés" où sont collectionnés les plantes rares.

A Bruxelles il est fait mention d'un jardin en 1324 lors de la construction du nouveau chateau sur le Coudenberg. Au XVème siècle suite aux séjours de Philippe le Bon (1357-1379) la cour et les artistes font construire des hôtels. Les jardins du Duc s'étendaient de la porte de Louvain à la porte de Namur et étaient composés d'un terrain de chasse, un étang, des vignes et surtout une "Feuillée" ou "Labyrinthe" appelation des jardins privés des ducs de Brabant. Un tableau du maître de l'Abbaye d'Affligen nous montre un aperçu des jardins. Avec l'avènement de Charles Quint et les idées de la Renaissance les jardins vont prendre une ampleur importante selon les principes de rigueur et de symétrie, d'après ceux de la villa d'Este de 1550 entre autre.

Les jardins italiens, comme en France ont eu une grande influence en Belgique, les jardins classiques de Beloeil des princes de Ligne et du château d'Enghien étaient déjà célèbres au XVIIIème siècle. La peinture belge a permis de faire connaitre en Europe l'art des Jardins. Vredemans de Vries (1526-1612), inspira par ses travaux Puechfeldner, jardinier de l'Empereur Rodolphe II, (1576-1612), et l'antichambre de l'Empereur étaient tapissée de tableaux de jardins et de fontaines de Hans Vredeman et de son fils Paul Vredeman à la fin du XVIème.

En Flandre les jardins s'étalent, les allées sont plus large, les parterres carrés sont entourés de buis taillés au niveau du sol et de noimbreuses constructions tels des gloriettes ou des grottes apparaissent. Dans le livre de V de Vries de 1583, on peut ainsi voir nombre de ces constructions. Par rapport au jardin italien, le jardin des Flandres est plus fleuri, et c'est d'ailleurs un objet de collection, le climat y étant pour beaucoup. La tulipomania débute à la fin du XVIème. Il faut noter aussi que la topographie en Flandre est differente de celle d'Italie. D'un naturel plat en Flandre ils sont vallonés en Italie et ainsi il y a très peu de terrasses mais plûtot des juxtaposition de jardins séparés par des murs ou des douves d'eau ou canaux. Les jeux d'eau sont évidemment très présents en Flandres.

Un autre peintre flamand Roelant Savery (1576-1639) représenta des payasages imaginaires animés d'oiseaux, et fit de nombreux séjour à Prague pour le compte de l'Empereur.
En Espagne Philippe II voulait construire et batir des résidences, qui devaient montrer l'universalité de ses possessions souveraine. Pour lui, la conception de ses jardins devait allier modernité et utilité. Ce sont les Pays Bas qui l'influencèrent pour leurs réalisations, avec une architecture pensée, des parterres de fleurs, les pergolas en lattis de bois, des pavillons, des statues des fontaines et des haies qui formaient une unité entre les constructions et les batiments.
Les jardiniers qui réalisèrent ces jardins étaient originaires des Pays Bas. En 1561 sur 8 jardiniers qui étaient à Aranjuez, 4 venaient de Tournai, 3 de Bruxelles et le 4ème Jehan Holbecq, principal jardinier,de Malines. Ce dernier, par sa compétence fut nommé jardinier en chef en 1565, il fit en 1567 un retour en Flandres pour ramener en espagne ses outils. Les jardins d'Aranjuez eurent un tel succés que l'Archiduc Albert s'en inspira pour ses jardins de Mariemont entre 1605.
En 1676 Guillaume III d'Orange futur roi visita Enghien en 1689 et s'en inspira pour Het Loo.

Au début du XVIIIème Bruxelles était une ville riche dont les rues étaient "vertes", avec des squares et de très beaux jardins dont celui du palais d'Egmont, hélas transformé et réduit de nos jours. Le jardin publique ouvert à tous devient le centre de nouveaux quartiers, et permet aux gens aisés de garder le contact avec la nature. Le jardin paysager succède au jardin pittoresque. Le bois de la Cambre est à Bruxelles ce que le parc des Buttes Chaumont est à Paris ou le Central Park à New-York.
De nos jours les jardins en Belgique sont nombreux, de tous les genres, cachés par obligation ou ouverts sur la nature, ils sont l'oeuvre de passionnés, d'amoureux des plantes et des fleurs.

Bibliographie : Françoise Drion Etienne van Campenhout "De Jardin en Jardin à travers la Belgique" Henry Chesnot "A travers le temps et les jardins"

JARDINS du CHATEAU d' HEX

Ce très beau pavillon de chasse a été construit après 1750 pour Charles-François de Velbrück, Prince-Evêque de Liège. Cet humaniste, amateur de belles choses, grand esprit, capable de s'attarder à de petites choses, ouvert aux idées nouvelles a conçu les jardins formels et en avant garde les jardins romantiques anglais. Le jardin français a été restauré en 1915 par Jules Janlet d'après les documents anciens. Le jardin chinois conserve toujours son Bouddha en bois sculpté à Liège au XVIIIème siècle. Le jardin du Prince bien que restauré présente toujours le même aspect et les statues de terre cuite des putti du XVIIIème.Une balustrade en fonte longe toujours le grand jardin potager, aménagé en contre bas et conduit au jardin des abeilles. Une tour, construite à l'époque dans le style ancien dissimule le tombeau de la jument préférée du Prince-Evêque Le parc à l'anglaise a été créé en 1770 et présente aujourd'hui la même physionomie qu'à l'époque. L'allée des platanes longue de 2 km a remplacée celle des ormes et l'étang précède toujours ce rideau de sapins disposés tel une draperie.

JARDINS de Monsieur Etienne VAN CAMPENHOUT
Personne ne peut imaginer lorsque l'on voit cette maison dont certaines parties remontent au XIVème siècle, qu'un jardin ou plutôt que cinq jardins se cachent autour . Etienne van Campenhout a réalisé ses rèves et son jardin contemporain et tout simplement sublime, et tellement inattendu que la surprise est totale. Un jardin d'eau précéde la maison. Le premier jardin très formel est somme toute classique, le deuxième en longueur sert d'écrin à une paire de grands vases en terre cuite Louis XVI. Le troisième est en pente et chaque carré est planté d'herbes aromatiques. Du toisième en passant par un carrefour de verdure on arrive au grand jardin en pente créé par Etienne van Campenhout, bordé d'un coté d'une rivière et de l'autre d'arbres fruitiers. Une tour éventrée sert de repère vers le fond. Avant mon quatrième un escalier de verdure conduit à une place à pans coupés, quatre statues de plomb dont deux du XVIIIème sont disposées autour. Une autre place ronde, planté de buis taillé en rond, précède une loggia dominante. Le cinquième jardin est tout à fait stupéfiant. Plusieurs sculptures contemporaines ornent ce parcours initiatique et les niches à oiseaux sont un clin d'oeil à l'art d'aujourd'hui.
JARDINS de Madame KANDIJOTI
Monsieur et Madame Kandijoti ont tout fait en reprenant cette maison de Rhode St Genèse il y a quelques années.
Des jardins il ne restait rien, ils ont tout fait. Avec Jacques Wirtz, le théatre de verdure de l'arrivée a pris forme et les jardins de buis de la terrasse a pris forme. Les bassins sont typiques de ses oeuvres. La perspective du parc à l'anglaise aboutit à la pièce d'eau bordée de plantes aquatiques.
Des centaines de tulipes noirs tapissent ce bosquet de verdure. Monsieur et Madame Kandijoti ont recréé ces parterres de plantes au naturel traversés par des allées impécablement tondues. Le potager est en restructuration, pour allier les couleurs et les formes. La pergola semble avoir toujours été là.
CHATEAU de COURT St ETIENNE
Situé au milieu d'un parc de plus de 100 hectares à l'origine le château de Court St Etienne date de la fin du XVIIIème siècle. Le parc à l'anglaise a été aménagé à cette époque et comportait une succession de cinq étangs. Très difficile à réaliser les effets de perspective, pour avoir l'air d'être naturel, demandaient une étude précise de la situation et du choix de ces quelques arbres qui semblent avoir grandi ça et là. L'esffet est ici tout à fait remarquable.
Un autre jardin formel orné d'un papillon, émerveille immédiatement le visiteur dès l'entrée. Les jardins en suite précédant le potager sont très intéressant par la variété des plantes et la collection unique de buis exposée
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JARDINS de la Comtesse François d'ANSEMBOURG
Passionnée de plantes et de jardins Sybille d'Ansembourg a laissé libre cour à son imagination depuis quelques années. Jacques Wirtz a réalisé l'étonnant jardin d'eau ou près de 30 cascades se déversent les unes dans les autres. Plusieurs statues en pierre ou en bronze XVIIIème ou plus récentes ornent les bosquets et les allées de ce jardin. Plus récent les jardins de devant entourent la piscine et la perspective créée rappelle les jardins de l'Islam . Le pavillon des coquillages dominant :la rivière est une réalisation actuelle d'après ceux du XVIème siècle. Les panneaux réalisés par les d'Ansembourg reprennent les masques d'Arcimboldo et le lustre créé n'a rien à envier au mobilier vénitien du XVIIIème siècle disposé autour. Le parc à l'anglaise est ponctué de sculptures, fabriques et grotte qui réservent toujours quelques surprises.
Château de CHIMAY : www.chateaudechimay.com/

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