André LE NÔTRE
Château de VAUX LE VICOMTE

Fouquet a de l'ambition, maître des requètes en 1641, il est Procureur général au parlement de Paris en 1650. En 1651 il épouse Madeleine de Castille d'une noble et grande famille de parlementaire de Paris, et deux ans plus tard il est surintendant des finances. A partir de ce moment il était temps pour lui, semble t'il de s'établir et Vaux sera son principal établissement.

En 1646, Fouquet passe sa première grande commande à André Le Nôtre. André Le Nôtre a alors 43 ans et déjà une certaine expérience avec les jardins de Berny par exemple et ceux de Louvois à Chaville avec ses treillages gravés par Aveline.
C'est en 1635 que son Père avait achèté Vaux, en 1652, Fouquet commande à Louis Le Vau les plans de son château. Pendant 6 ans on travaille aux terrassements et aux adductions d'eau des futurs jardins, plus de 900 hommes y pourvoiront. En 1658, l'avenue est tracée, et en 1659 la grille d'eau de Lespagnandel est batie, les cascades ayant été construites deux ans plus tôt. Un seul réservoir souterrain alimente les cascades et les jeux d'eau du jardin, et ceci par simple gravité.

Pour la première fois Le Nôtre a les mains libres pour faire d'un immense espace recemment acquis un endroit de pur agrèment. Perspective et effets de surprises seront réalisés en un temps record.
Le jardin tel que nous le voyons encore est divisé en trois parties qui s'enchaînent sans aucune rupture. Le château, posé comme une île est au centre, bordé d'un côté de l'entrée du domaine, et de l'autre des jardins, tel un éventail délimitant la grande perspective montante, l'axe central qui s'allonge jusqu'à la butte creusé d'une grotte.
Ce grand axe est brisé trois fois pour atténuer le coté linéaire.
Les parterres de tailles inégales, le boulingrin composé de deux grandes broderies symétriques à décor d'entrelacs de buis, encadrant l'allée principale, les parterres de gazon, les bassins... toute cette composition est harmonieuse, mais rien n'est symétrique dans l'ensemble global, la symétrie est subgérée dans chaque masse. Comme pour Versailles, il y a un ordre pour visiter ces jardins et découvrir au fur et à mesure les surprises de Le Nôtre. Quand on arrive sur le grand Vivier, on suppose qu'il est alimenté par les cascades des sept grottes de l'arrière plan, mais on découvre que c'est en réalité le Grand Canal de plus d'un kilomètre de long et rien n'était visible avant...

Toujours en 1659, Fouquet commande à Lespagnandel les sculptures de la grotte et celle de l'Anqueil, et c'est sans doute Charles Le Brun qui donna les projets des autres statues du parc.

La grotte est ornée de fausses pétrifications et de bossages et abrite à gauche l'Anqueil et à droite le Tibre.

Les jeux d'eau sont créés par Giacomo Torelli.

Deux pyramides étaient prévues dans les jardins. Fouquet avait acheté deux sarcophages en pierre pour décorer l'intérieur. A sa disgrace, Le Nôtre les acquis pour ses collections. Ils sont conservés au Louvre depuis le XVIIIème.

La fête du 17 aout 1661 est extraordinaire. Tout est fait pour le plaisir du Roi et de sa Cour, la grande partie de la fête se passe dans les jardins. Cette fête mémorable avait eu un précédent à Saint Cloud trois années auparavent, mais sans conséquences facheuses pour son propriétaire le banquier Hervart, qui avait eu l'idée intelligente de vendre à bas prix son château à Monsieur.

Les jardins et le château sont presque achevés quand Fouquet est arrété, accusé de trahison. Son fils Louis-Nicolas Fouquet, comte de Vaux qui a récupéré le domaine en 1669, malgré les apropriations du roi et des Colbert, continuera quelques plantations d'après les projets de Le Nôtre. A sa mort en 1705, sans héritiers directs, le domaine sera vendu au maréchal de Villars qui transformera les jardins avec la suppression de bassins et des goulettes.

Le duc de Choiseul-Praslin, sous l'Empire achève le démantellement du jardin par la création du parc à l'anglaise.

En 1842, son fils Théobald rétablit les bassins supprimés au XVIIIème, quelques jeux d'eau, les parterres et les terrasses. La grotte de l'Anqueil (nom d'une rivière de Vaux) est restaurée en 1845, de même celle du Tibre lui faisant pendant. C'est la même composition qu'à Chantilly. Il est interessant de noter que c'est très tôt dans le XIXème que les jardins à la française sont rétablis. L'intermède dit à l'anglaise n'aura duré moins de 50 ans.

C'est en 1875 qu'Alfred Sommier, riche industriel, achète le domaine et demande à l'architecte Hippolyte Destailleur de reconstituer les statues du parc, vendues cette même année, à l'exception de celles de la grotte, des saisons et des cascades.

La grotte est a nouveau restaurée en 1883, conservant depuis l'origine ses lions.

Le fils d'Alfred Sommier hérite du domaine et demande à Achille Duchène la restauration des jardins avec la création de deux parterres latéraux et la reconstitution du parterre de la couronne. Au pieds du château il reconstitue deux parterres de broderie d'après les dessins d'Israël Silvestre et à droite le fameux parterre de Diane.

C'est ce dernier qui fait placer la statue d'Hercule Farnèse vers 1880, au milieu du vertugadin.

La réfection du parterre central eut lieu en 1914, par Achille Duchène sur les souhaits et propositions d'Edme Sommier. Le parterre de Diane fut terminé en 1923.

De nos jours le comte Patrice de Vogué, restaure ce merveilleux château avec tous les soins dûs à ce chef d'oeuvre

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