André LE NÔTRE

Biographie

André Le Nôtre est né en 1613 et mort en 1700. Son père Jean Le Nôtre était jardinier ordinaire du Roi, au palais des Tuileries, charge qu'il avait hérité de son père Pierre qui y travaillait en 1572; il lui transmit, grâce au Roi cette charge en 1637, et celle de dessinateur des jardins du roi en 1643. Son parrain André Bérard de Maisoncelles est controleur des jardins, sa marraine Marie Mollet est la femme de Claude Mollet 1er jardinier du Roi, qui avait appris d'Etienne Dupérac la nouvelle manière de tracer les jardins, autre du damier traditionnel.

Sa formation est mal connue, mais on pense qu'il travailla très tôt, vers 12 ans avec son père, et sans doute qu'il fit un aprentissage chez Simon Vouet, peintre du roi et chez François Mansart. Simon Vouet avait effectué un voyage en Italie en 1627 et était installé dans les galeries du Louvre. Il est certain que le Nôtre sera influencé par ces peintres paysagistes, dont Simon Vouet très épris de Rome et spécialiste de la perspective linéaire et aussi de la perspective aérienne apprise chez les vénitiens. A 22 ans, il est 1er jardinier du duc d'Orléans. La majorités de ses papiers ayant disparus, il est difficile de connaitre sa carrière avant Vaux et Versailles. Boyceau étant mort jeune c'est son neveu Jacques de Menours qui publiera son livre sur l'Art des Jardins. Il a sans doute connu le jeune Le Nôtre au Luxembourg et a du lui apprendre un certain art de la perspective, lui qui pronait que chaque chose avait sa place mais dans un espace bien défini auparavent et d'une façon symétrique. Boyceau insiste beaucoup sur les "corps relevés", c'est à dire les constructions, afin que leur hauteur soient justement proportionnées avec la largeur et la longueur des allées... Mansart utilisait ces règles déjà à Balleroy et à Maisons.

En 1640, il épouse Françoise Langlois et collabore peut être aux jardins de Gagny et de Maisons. En 1645, il s'occupa du jardin de la Reine à Fontainebleau et à partir de 1661 commence le chantier de Versailles. Il est important de noter qu'avec les substanciels bénéfices qu'il tira de Fouquet à Vaux, dès 1656, il acheta en 1657 l'office de controleur général des Bâtiments du Roi, ce qui lui permit de fournir les plans des jardins des résidences royales.
En 1675, il est anobli par Louis XIV et adopte des armoiries parlantes : Trois limaçons, un choux, un rateau et une bêche. En 1681, il est décoré de l'ordre de saint Lazare.

De son voyage en Italie en 1679, Le Nôtre ramène des objets d'art, ses visites de jardins, ne l'ont point impressionné, parait-il.

Un tableau de 1680, attribué à Van Der Meulen et conservé à Saint James palace, montre le chantier royal avec Louis XIV, entouré de Colbert, Hardouin Mansart et Le Nôtre.

Le Nôtre à Chantilly est souvent représenté par son neveu Pierre Desgots, à Choisy idem. à Trianon, à Marly il travaille avec Le Bouteux. Le Nôtre aime les perspectives, les points de vue, les terrasses dominantes, les grands axes. Il aime surprendre. Sans rien dévoiler au premier abord, il veut que le promeneur au détour d'une allée, soit émerveillé par une cascade, ou la perspective sans fin d'un axe. De nombreuses statues et fontaines ornent ses jardins. Les dénivélations des terrains sont utilisées pour des cascades ou des perspectives sans fin comme à Meudon pour Louvois.

A Greenwich, Le Nôtre collabore aux jardins par l'envois de plans vers 1662 dont l'un est conservé à l'Institut de France.

Versailles et Chantilly sont ses oeuvres les plus connues. Il créa aussi les jardins du Palais Royal, refit ceux du Luxembourg créés en 1612 par Guillaume Boutin, puis en 1620 par Jean Le Nôtre

Un dessin conservé à l'Institut de France représente une fontaine de rocaille avec trois têtes d'enfant crachant de l'eau. En 1695, il dessine les jardins du marquis de Pontchartrain et trois ans plus tard en 1698, il envoie des projets au Roi d'Angleterre.

A sa mort, en 1700, avec Le Nôtre disparait le jardinier des Rois de l'Europe. En effet De Windsor au palais royal de Turin en passant par Charlottenbourg, il eut une influence considérable par son action et ses projets repris par nombre de ses élèves dont Nicodème Tessin dit le Jeune en Suède, et Bentinck, conseiller de Guillaume d'Orange aux Pays Bas..

André Le Nôtre était collectionneur. Une bonne partie de sa fortune passa dans l'acquisition de bronzes et tableaux, dont il donna de son vivant en 1693 une grande partie au Roi. Son cabinet de curiosités, sis aux Tuileries, était régulièrement visité. Certains de ses bronzes et peintures sont toujours conservés au Louvre.

On ne peut parler d'André Le Nôtre sans parler de Perspective"longue", du latin perspectus, c'est à dire vu à travers, la perspective désigne l'aspect des objets vus de loin, c'est la base du jardin à la française. Le Nôtre a démultiplier à l'infini cette notion de perspective, créant ainsi une fuite sans fin. Il a bénéficier pour se faire de nouvelles découvertes scientifiques tel le graphomètre, instrument de mesure doté d'une boussole vers 1630 par Pierre Vernier. On pouvait ainsi projeter sur le terrain les projets dessinés sur le papier. Ainsi, comme le dit Richard Roudaut, dans son étude sur Le Nôtre "On peut donc désormais agir sur l'environnement avec certitude...Il est important que le champ visuel soit dégagé et que les axes de tir soient bien définis..."
Le jardin baroque, invite le promeneur au voyage grâce à ces perspectives sans fin. Boyceau de la Baraudière, en 1636, prone les longues routes et allées des bois.Le Nôtre applique ces préceptes à la lettre, témoin la perspective du palais des Tuileries, qui se prolonge jusqu'aux Champs Elysées actuels, jusqu'à la barrière de Neuilly et jusqu'au Pont de Neuilly. Le regard doit passer d'une zone à une autre sans heurt, la perspective doit être fluide, sans anicroche !

Thierry Mariage dans son livre "l'Univers de Le Notre", se demande si vers la fin de sa vie, il n'avait pas été gagné par les prémices du Naturalisme, après avoir assimilé l'héritage de ses grands prédécesseurs, et en regardant son oeuvre, on peut penser que son esprit était en perpétuelle évolution, et peut être que le naturalisme est un peu l'héritage de Le Nôtre !

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