Courances et la flamboyance des couleurs de sonjardin anglo-japonais

Au XIXème siècle, le japonisme qui a révolutionné l'art des impressionistes a aussi influencé l'art des jardins. En contraste avec la sobriété du parc, un jardin a été créé avant 1914 par Berthe de Ganay. Avec son île artificielle, sa richesse botanique, son pont contemporain, le jardin anglo-japonais à Courances est un tableau à contempler, ou peut être un mirage...

Berthe de Ganay, profitant d’une pièce d’eau un peu encaissée en contrebas du moulin de l’ancienne scierie, entreprenait (avant 1908) d’y créer un précieux jardin anglo-japonais, entièrement dévolu aux fleurs et arbustes rares. Le fouillis végétal vint dissimuler la régularité du bassin, une petite île permit de donner de la profondeur à cette création qui s’inscrivait dans la vogue du japonisme des années 1900 (voir les jardins Albert Kahn, Giverny ou Maulévrier). Un peu plus tard, une jardinière anglaise élève de Gertrude Jekill, l'« inventeuse » du « mixed-border », Kathleen Lloyd Jones, vint prêter mains fortes à la propriétaire pour enrichir cette libre évocation d’un jardin japonais d’une profusion de plantes vivaces aux couleurs vives et nuances dissemblables. Abandonné pendant la dernière guerre, le « Japonais » doit sa renaissance à Philippine de Ganay, nièce de Charles de Noailles et fille de Marie de Mouchy, tous deux illustres jardiniers, qui entreprit de nouvelles plantations en privilégiant les arbustes pour mieux jouer des formes et des textures.