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Histoire du château de Courances

L'histoire moderne du château de Courance dans le village de Courances, commence à la fin du XIVème siècle. Après l'extinction des Lapite, Côme Clausse acquière la seigneurie de Courances en 1552 pour 15000 livres. Côme Clausse avait était choisi pour devenir l'un des quatre secrétaires des commandements du Roi Henri II. Il était en charge d'une partie de la correspondance diplomatique du Roi et possédait la charge de l'office comptable de contrôleur ordinaire de la guerre. Déjà seigneur de Fleury, l'acquisition de Courances, près de Fontainebleau augmentait son patrimoine et confortait sa position sociale. La famille Clausse parvint ainsi au sommet de la hiérarchie sociale, mais faute d'héritiers, et perclus de dettes, en 1622, François Clausse vend Courance, pour 124.000 livres à Claude Gallard, seigneur de Poinville et de Semonville, receveur des contributions au Chatelet de Paris, l'une des récentes grosses fortunes du royaume, qui "saute" sur l'ocasion pour agrandir ses possessions, c'était en quelques sortes un couronnement de carrière. En moins de 50 ans, il revendait sa partie d'office royal avec un bénéfice de près de 900.000 livres, somme considérable à l"époque. C'est lui qui va effectuer de nombreux travaux et faire reconstruire le château. Son fils sera président de la chambre des comptes de Paris en 1650. Malgré une baisse très sensible de revenu, et malgré de malheureuses spéculations, Courance fut vendu, par un prête nom, à son frère Claude Gallard lui même non ruiné. Sa nièce et héritière Anne-Margueritte Gallard, dit la Dame de Courances, épousa son cousin, Nicolas Potier de Novion, marquis de Grignon. Sa seconde fille épousa en 1768, Charles-Maurice de Nicolaÿ, seigneur de Gousainville. Son fils , Aymard-Charles de Nicolaÿ, hérita de la propriété et laissa un souvenir de bienfaits parmi la population. Suite à son exil en Suisse, paris la chute de Charles X, ses héritiers vendent Courance en 1871 au baron Haber. Samuel de Haber (1812-1892) était l'héritier du banquier du Grand Duc de Bade. Sa famille avait été anoblie en 1829. Sa fille laure-Fanny épousa en 1866 le comte Octave de Béhague. A sa mort sa fortune était évaluée à 80 millions de francs or. Les deux filles d'Octave de Béhague, Berthe et Martine passèrent leurs étés à Courance. Martine de Béhague va devenir une grande collectionneuse, Berthe épousera le marquis de Ganay.

En 1872, abandonné depuis quarante-deux ans, Courances tombait en ruine. Les façades du château ne soutenaient plus qu’une toiture trouée par un tronc d'arbre. L’acquisition par le baron Samuel de Haber sauva le domaine.

Les façades du château
Le perron coté Miroir

Le mariage de sa fille unique avec le comte Octave de Béhague, issu d’une famille d'origine ancienne, le rapprocha de la noblesse française. Cette alliance entraînait l’adoption d'un mode de vie aristocratique rendu possible grâce à sa propriété à la campagne. Afin que le château soit restauré, l’architecte familial des Béhague fut mandé à son chevet. Hippolyte Destailleur se trouva sous la double direction du baron et de son gendre pour ce chantier le préparant à celui de Vaux-le-Vicomte. L’érudit comte Octave de Béhague souhaitait préserver l’aspect originel du bâtiment tandis que l’expansif baron de Haber voulait une copie du monumental escalier en fer à cheval de Fontainebleau. Ce geste téméraire montre ce qu’était le domaine pour ce dernier : une vitrine sociale. Peu nombreuses étaient cependant à l'époque les personnes capables de restaurer une telle propriété. Il fallait les millions d’un financier.
Haber redonna vie à Courances, comme Hottinguer à Guermantes ou Sommier à Vaux-le-Vicomte. Berthe (1868-1940) et Martine (1870-1939) de Béhague étaient déjà orphelines lorsqu’elles héritèrent de leur grand-père en 1892. Etant l’aînée, Berthe reçut la propriété de Courances. Comme l'avait rêvé le baron de Haber, Courances semblait sorti d'un conte de fée, il possédait cet esprit fastueux si particulier au xixe siècle : ainsi, par exemple, des truites venues de Fribourg animaient les eaux pures des pièces d'eau. Berthe et son mari, le comte Jean de Ganay, s'impliquèrent beaucoup dans leur relation avec les Duchêne, paysagistes, le père et le fils, de 1899 à 1914, pour continuer à œuvrer en vue de l'embellissement du parc. Ils semblent avoir toujours préféré la simplicité et la sobriété. En contraste avec la restauration « à la française » du parc, Berthe inventa le surprenant Jardin japonais. Ils acquirent les terres de Fleury en 1896 pour agrandir le territoire de chasse de Courances et cédèrent cette propriété à Martine en 1910. Elle restaura les lieux sans l'aide de grands noms de l'architecture ou du paysage et y séjourna jusqu'en 1927.
C'est Martine de Béhague qui posa les fondations du fameux « Potager » dans l'enceinte du parc de Fleury – tout sauf un potager – avec son Jardin persan. (Elle utilisa le porphyre qu'elle avait fait venir de Syrie pour son théâtre privé à Paris, à l'époque le plus grand en Europe – la « Salle Byzantine » de l'actuelle ambassade de Roumanie.) Martine de Béhague demeure un nom illustre dans le monde des musées. Paris murmurait qu'elle achetait un objet par jour. Une visite au Louvre suffit à convaincre qu'aucun domaine ne lui échappait. Les deux cousines de Watteau côtoie une figurine en argent égyptienne, un moulin à café aux trois ors qu'utilisait la Pompadour ou un relief byzantin en stéatite. C'est elle qui a offert le cadre de la Joconde. Et elle encore qui sauva l'Hôtel de Sully, rue Saint-Antoine.

La notoriété de Berthe de Ganay reste supplantée par celle de Martine dont les périples autour du monde sur son voilier le Nirvana, les collections éclectiques et les projets artistiques fascinent encore aujourd'hui. Berthe tint cependant son rôle, déjà assigné, de manière si exemplaire qu'elle est devenue l'archétype d'une aristocrate de la Belle Epoque.

Pour le château, visite guidée (40 minutes) de 14:30 à 18:00

La salle de marbre
Le salon du billard
La salle à manger
Le hall des trophées
La galerie des singes
La chapelle

De 1940 à 1944, le parc et le château furent occupés par les Allemands : une Kommandantur, un cantonnement pour les « rampants » de la Luftwaffe et une école de conduite. A leur départ, ils firent sauter un dépôt de munition qui se trouvait dans le parc.
De 1944 à 1946, les communs abritèrent un camp disciplinaire américain. Les châtelains étaient encore cantonnés à des quartiers restreints dans le château. Un deuxième dépôt de munitions explosa accidentellement en causant encore plus de dégâts et c'est à ce moment que la quasi-totalité du mobilier disparut. En 1948, Monsieur Rameau, l'architecte chargé de l'entretien du château chiffra à 88 millions la remise en état des lieux. L'Etat proposa une indemnité de 7.7 millions.
De 1949 à 1955, le maréchal Montgomery, adjoint au commandant des troupes de l'OTAN, basé à Fontainebleau, s'installa à son tour dans les étages nobles : il a laissé le mas qui arbore aujourd'hui les couleurs de la famille Ganay et le très grand billard.
En 1948, l'ensemble du domaine de Courances est inscrit à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Le marquis de Ganay, Hubert, fils aîné de Berthe et filleul de Martine, avec son fils Jean-Louis (né en 1922) marié à Philippine de Noailles (née en 1925) s'attèlent à faire disparaître les traces des occupations successives et enlèvent certains éléments ajoutés par l'architecte Destailleur.
En 1978, la vallée de l'Ecole devient un site inscrit.
En 1982, le château de Courances est ouvert au public – le parc l'était depuis la guerre.