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Table de Teschen
Dresde, 1779 par Johann Christian NEUBER

( ancienne collection du marquis de Breteuil)

La Table de Teschen dite « la Table de l'Europe » offerte en 1779 au Baron de Breteuil, ministre du roi Louis XVI, par l'Impératrice d'Autriche Marie-Thérèse, mère de la reine Marie-Antoinette était encore conservée à Breteuil il y a peu de temps. Elle fut exposée chez les frères Kugel puis vendue.

Cette Table de Teschen, dite « Table de l'Europe » est un chef d'oeuvre de la joaillerie allemande. Elle fut offerte à Louis-Auguste de Breteuil, conjointement par l'impératrice Marie-Thérèse, mère de la reine Marie Antoinette, et l'électeur de Saxe, en remerciement de son efficace médiation entre la Prusse et l'Autriche lors de la guerre de succession de la Bavière de 1779. Ce « bijou » géant d'un mètre de haut possède un plateau ovale de 70 cm de longueur pavé de pierres dures de pierres semi-précieuses numérotées de 1 à 128 et de bois pétrifiés. Un livret, indique pour chaque numéro, le nom de la gemme et son origine. Cette pièce exceptionnelle est l'oeuvre du grand joaillier de la cour de Dresde, Johann-Christian Neuber, surtout connu par ses boîtes précieuses, dont certaines sont conservées dans les plus grands musées du monde. Exception faite d’une cheminée exécutée pour l’un des palais de l’Électeur de Saxe, c'était le seul meuble sans doute encore visible dans un château français avant 2012.

Les pierreries, pierres dures et bois pétrifiés, sont enchâssés dans des compartiments de bronze doré. Les médaillons en porcelaine de Meissen sont ornés de grisailles. Sur l'un d'eux est inscrite la dédicace : « Bretevillio legato pacificator » soit, « à Breteuil, envoyé spécial et pacificateur ».
Les pierreries, pierres dures et bois pétrifiés, sont enchâssés dans des compartiments de bronze doré.

Diamètre : 70 cm

Louis Auguste de Breteuil, baron de Breteuil 1730 - 1807, fut un remarquable diplomate Il imposa les vues de Louis XVI au congrès de Teschen, mettant fin à une crise grave, causée par les ambitions de l'Empereur d'Autriche Joseph II, évitant ainsi une guerre européenne. En témoignage, l'Impératrice lui fit offrir par l'Electeur de Saxe, une extaordinaire table.

Détail de la ceinture et du dès de racordement d'un pied

Johann Christian NEUBER

Un petit carnet donne la liste de ces mosaïques de minéraux, contenus dans le sous-sol de la Saxe et que le géologue allemand Abraham Gottlob Werner s’est chargé de classifier. Propriétaire d’une mine dans la vallée de Müglitz, Johann Christian Neuber va mettre sa créativité et son talent, pendant une quarantaine d’années, au service de la cour de Dresde et des nombreux visiteurs se rendant à l’époque dans la capitale de la Saxe. Inscrit dès 1785 sur l’Almanach de la Cour et de l’État comme joaillier attaché à la Grüne Gewolbe, la fameuse « voûte verte » où se trouvent les trésors de l’Électorat, il est le plus célèbre des quatre joailliers de la ville, aux côtés de Benjamin Hoffman, Heinrich Taddel et Chrétien Stiehl. Ses spécialités, les boîtes, les tabatières, les pommeaux de cannes, les montres et autres châtelaines. Le Prince Électeur de Saxe, Frédéric le Grand, ne s’y trompait pas, qui possédait, dit-on, autant de boîtes qu’il y a de jours dans l’année... S’il n’a pas son pareil pour associer or et pierres dures disposées avec régularité et symétrie, c’est à d’autres qu’il confie certaines parties du décor des boîtes, comme les couvercles ornés de médaillons en émail peint ou en camées, de miniatures, de porcelaines de Meissen, pierres précieuses ou, comme ici, d’une micromosaïque romaine. Des agates de diverses variétés entourent cette mosaïque ornée des colombes du Capitole. Particulièrement en vogue à la fin du XVIIIe et au siècle suivant, on doit au cardinal, collectionneur d’antiquités et mécène Furietti l’organisation, vers 1760, des fouilles à la Villa d’Hadrien près de Tivoli. Ainsi fut mise au jour une mosaïque sur le même sujet, décrite par Pline l’Ancien. Les pierres sont serties dans une monture en or non doublé, ce qui permet de les voir en transparence, tel un vitrail. Un brillant ouvrage, à l’image du parcours de ce fils de tisserand à Neuwernsdorf, aux confins de la Saxe et de la Bohème, apprenti à dix-sept ans, reçu bourgeois de la ville et maître orfèvre de sa guilde à vingt-six ans. Mais dont les difficultés financières amenèrent l’Électeur de Saxe, Frédéric-Auguste, à lui concéder l’organisation d’une loterie de joyaux !(Claire Papon)