Les quatre cabinets de Philippe V d' Espagne

Quatre cabinets, formant une suite apparurent sur le marché dans les années 50. La revue Connaissance des Arts, dans son numéro 76 de juin 1958, reproduisait page 108 un cabinet d'une paire, conservée dans une grande collection parisienne, orné d'une marquetérie d'étain gravée de scènes militaires de la guerre de succession d'Espagne, au chiffre de Philippe V. En mars 1959, dans le numéro 85, Connaissance des Arts publiait les deux autres cabinets en pendant, conservés dans deux collections belges. Ces quatre cabinets passent pour avoir été offert par Louis XIV à son petit fils le duc d'Anjou, roi d'Espagne en 1700
sous le nom de Philippe V. Les éléments comme le chiffre de Philippe V, le portrait du roi sur la porte du caisson confirmeraient une provenance royale.

Hauteur : 2m35 , 2m40 et 2m60

Les deux cabinets conservés à Paris, sont marquetés en partie, de scènes en étain gravé sur fond d'écaille rouge; Le piètement, similaire sur les quatre, est en bois doré composé de deux cariatides masculines en console. Chaque cabinet comporte quatre tiroirs de part de d'autre de la porte du caisson, chacun étant orné d'une frise relatant des épisodes de la guerre de succession d'Espagne librement inspirées des gravures de Wouwermans, Martin des Batailles, Van der Meulen et Parrocel. La porte du caisson central, un grand trophée représentant le monarque guidé par le monde qu'il doit conquérir et qui écrase ses ennemis.
Sur les deux autres conservés séparement à Bruxelles, les portes des caissons sont ornées en contre partie de la même représentation du jeune Roi debout, symbolisant la paix en Europe. Les 16 scènes des tiroirs illustrent la guerre de Hollande et la paix d'Augsbourg: La prise de Gand en 1678, le bombardement de Maestricht, la déclaration de guerre par Louis XIV à la Hollande en 1672, la proposition de paix par la Hollande, la retraite des français, une halte dans les Flandres, la reprise de Maestricht, le passage du Rhin, le départ, la signature de Ryswick en 1697, le bombardement de Namur, l'entrée triophale de Philippe V, la capitulation de Maestricht.

Les deux conservés en Belgique proviennent de la vente en 1926 à la galerie Georges Giroux, repassés en vente en 1944 au palais des Beaux-Arts, où il était indiqué dans le catalogue que ces deux cabinets provenaient du château de Mariemont, mais pour les soustraire au danger d'une nouvelle guerre Philippe V les avait fait transporter à Ath où ils deviennent la possession de la famille de l'Escluse qui les conserve jusqu'en 1861.