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Jardins et châteaux autour de Paris

Cabinet en ivoire attribué à Melchior Baumgartner, Augsbourg, milieu du XVIIème.

Cabinet en placage d ébène , bati de sapin, tiroirs en chène,, à deux portes ornées de moulures ondées, le dessus à doucine formant coffre.
L'intérieur, entièrement plaqué d'ivoire, est orné de moulures ondées en ivoire encadrant 21 plaques en pierre de l'Arno dites "paésina" entourées d'une bande de marbre jaune clair ou albares. Le revers des deux portes est orné au milieu de deux grandes pierres "paésina" à décor d'arbres. Il ouvre par neuf tiroirs dont huit latéraux, ornés de deux pierres "paésina" dont l'un sous le caisson est orné d'une seule pierre. La porte du caisson est ornéee d'une plaque marquetée de pierres dures et d'une "paésina", encadrée de deux demi-colonnes surmontées de pilastres en ivoire. Hauteur : 56,2 cm, largeur : 88,1cm, profondeur : 39,5 cm.

Les pierres calcaire dites "Paésina ou paésine" proviennent principalement de la région de Volterra, près de Florence. Elles ont été montées également à Prague et à Paris aux Gobelins. Le décor stratifié très naturaliste avec des arbres et montagnes, évoque des paysages naturels grace à l'infiltration de sels minéraux principalement de l'oxyde de manganèze. Certaines pierres sont plus architecturales, illusion de batiments, tandis que les notres sont très naturalistes, uniquement des arbres. A l'époque, le grand duc Ferdinand 1er de Médicis avait interdit aux particuliers le ramassage de ces pierres, vu leur rareté, s'appropriant ainsi la totalité des découvertes. L'art de la peinture sur pierre s'est développé en Italie, au XVIème et XVIIème siècle. Un important cabinet des princes de Liechtenstein avec son piètement est orné de paésines et de paneaux marquetés de pierre dures en commeso. Il est décrit comme fait à Prague au début du XVIIème siècle. Il est intéressant de remarquer que les plaques de paésine, montées sur ardoise dans des encadrements de jaspe jaune clair ou albarese, sont déjà composées, lorsque qu'elles sont assemblées à Augsbourg. On peut voir ainsi, sur le cabinets du Louvre et celui des princes de Liechtenstein, que les angles des compositions en pierres dures ne correspondent pas obligatoirement aux angles des bordures des tiroirs ou de la porte du caisson. Il est imprtant de remarquer que ce sont les plaques de paésines qui sont mis en valeur dans un décor entièrement plaqué d'ivoire, ce qui souligne la rareté de ces plaques à l'époque, mises au même rang que les plaques de pierres dures, parfois associées.

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Un cabinet florentin de l'ancienne collection Rothschild puis de Roger Peyrefitte, vendu le 14 juin 1977, avait également des tiroirs intérieurs en pietra paesina dans des encadrements de marbre noir. Une paire de plaques (OA 1911:1935-1936) du XVIIème siècle provenant et conservée à la galleria del Lavori présentente un décor de montagnes sous les cieux. Beaucoup sont peintes de personnages, bateaux ou batiments, accentuant , le coté naturaliste des scènes naturelles. L'art du lapidaire est de choisir la pierre pour l'adapter en trompe l'oeil au paysage imaginé pour le décor. Le défaut de la pierre devient ainsi une qualité. Mais il est certain que les plaques "paésine" revenaient beaucoup moins cher que les plaques en comesso de la manufacture Grand Ducale de Florence. Plusieurs ateliers à Augsbourg concevaient et fabriquaient des cabinets exportés dans l'Europe royale. Mais dans l'état actuel de nos connaissances, on ne peut faire que des attributions sans traces écrites. La porte du caisson, associe une pierre paesina et une marqueterie de pierres dures. Grace aux études et recherches actuelles, ces attributions sont de plus en plus précises.

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La mode étant tellement forte, que pour les plus prestigieuses commandes, on utilise des plaques de paésine de l'Arno. Un autre cabinet d'Augsbourg de la même époque avec des plaques de paésines est conservé à Vienne, au Kunsthisorisches Museum , avec un tiroir en ceinture plaqué de cinq plaques de paésine et trois autres ovales sur les portes. Il est plaqué aussi de pierres dures, de plaques d'émail et de lapis. Le dessus comporte une composition de coquillage. Inv n°3402. Un autre cabinet conservé aussi au Kunsthisorisches avec un petit orgue en ceinture de Samuel Biderman, est orné de plaques de paésine, très proches des notres.

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Le caisson est à décor d'un asalon de palais avec ses colonnes, glaces et d'un damier sur le sol. Il est escamotable et découvre trois tiroirs en amarante, les façades plaqués d'ébène. C'est l'un des secrets très classiques, des cabinets réalisés à Augsbourg.

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Les cabinets plaqués d'ivoire sont très rares, vu le cout de la matière à l'époque, de sa transformation et de son transport. Certains artisans savaient le travailler et le dérouler en fines feuilles pour le plaquer. Un autre métier consister à le tourner et le sculpter, afin de réaliser les moulures et les colonnes. La porte du caisson est ornée à l'extérieure d'une plaque de paésine marquetée de pierres dures et au revers plaqué d'ébène avec des filets d'ivoire. Le caisson, escamotable, est typique de l'époque, tel un salon d'un palais.

Le dessus en doucine ouvre par un abattant plaqué à l'intérieure de palissandre marqueté de filets d'ivoire dessinant des compartiments. Les charnières sont en fer ou acier doré, similaires à certains cabinets de Melchior Baumgartner.

Parmi les cabinets en ivoire de cette époque et que l'on attribue à Melchior Baumgartner, peut être Christoph Angermair,
ou certainements à d'autres ébénistes, on peut citer :

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Les cabinets du Bayerisches Nationalmuseum de Munich sont plus complexes quant à leurs structures qui mettent en valeur les élements décoratifs en lapis lazuli, que l'on retrouve également, sur le cabinet conservé au Rijksmuseum. Cette pierre très rare à l'époque associée à l'ivoire en faisait des meubles princiers. Toutes les fantaisies de décoration, étaient osées et permises.
Celui de gauche est signé et daté 1646.

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Cabinet en placage de noyer, à deux tiroirs et deux portes, découvrant un intérieur plaqué d'ivoire orné de plaques en émail polychrome à décor mythologique. Haut : 49 cm, largeur : 37 cm, profondeur 22,5cm.
Vente Steinitz, antiquaire, n° 215 Saint Paul en Cornillon.
Le petit cabinet de droite, ivoire et écaille rouge, ancienne collection Edouard Bresset

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Cabinet en placage de d'ivoire, à décor de moulures, orné à l'intéreure de plaque en cuivre doré
et peintes de scènes des Métamorphoses, représentant Dédale avec Icare, Orphée et sa lyre
Conservé au Victoria et Albert muséum de Londres. Toujours le même genre d'étoile marqueté.

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Petit cabinet plaqué d'ivoire avec des plaques en cuivre doré et peint. Augbourg vers 1650.
Vendu Drouot, Millon, décembre 2014, collections Burgi, antiquaire à Paris.
Un cabinet en bois noirci comportant la même technique de plaques en cuivre doré est conservé à Ambleville (à droite).

Cabinet plaqué d'ivoire, sur-décoré, conservé au Musée des arts décoratifs de New-York

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Cabinet plaqué d'ivoire attribué à Melchior Baumgartner, orné de plaques en émail peint de la Passion du Christ et sa crucifixion. Ce cabinet avait conservé l'intérieur de son caisson avec ses tiroirs secrets. Vente Pruniers. Collection Georg Laue.
Hormis le décor des plaques en émail, ce cabinet est très proche de celui de la vente Steinitz, de Saint Paul en Cornillon.

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Cabinet en ébène, l'intérieur plaqué d'ivoire, orné de panneaux en laque burgauté du Japon de la fin du XVIème.
Le couvercle du coffret supérieur est marqueté de la même étoile en ébène.
Attribué à Melchior Baumgartner, Vente Sotheby's Paris novembre 2015

Le cabinet du Staatliches Museum à Schwerin est orné de plaques de marqueterie de pierres dures d'oiseaux et de vase, de la manufacture florentine du grand duc de Toscane. Vers 1650, attribué à Melchior Baumgartner. 87 x 95.

Le cabinet du Louvre (inv. MR 404 et AO 6630) a un bati en sapin, les tiroirs sont en chêne, il est plaqué d'ébène à l'extérieure et d'ivoire à l'intérieure et de plaques en mosaïque de marbre et de plaques de paésine de l'Arno. Il a été saisi dans les collections de Guillaume V d'Orange, des Provinces Unies, lors d'une conquète révolutionnaire. 73 x 93,5cm.

Le cabinet du château de Bannes est orné de plaques marquetées de pierres dures de fleurs de la manufacture florentine du grand duc de Toscane et de médaillons et panneau en paésine. Vers 1650.
Ancienne collection Gismondi, antiquaire, Biennale 2008.

Le cabinet des princes de Liechtenstein est orné de plaques de pierres dures d'une provenance florentine du grand duc de Toscane. et de huit colonnes en onyx vert, dit albatre oriental vert. Milieu du XVIIème, avec des plaques plus anciennes.
Collections des Princes de Liechtenstei, Vienne. Ancienne collection Sarti antiquaire à Paris.

Le cabinet de Rosenborg , très proche par ses colonnes en albatre jaune, du cabinet des Princes de Liechtenstein, est orné de plaques de pierres dures florentine de la manufacture du grand duc de Toscane, d'oiseaux, fleurs et polièdres.
Collections de S.M. la Reine de Danemark, chateau de Rosenborg.

Le cabinet du château de X...possède un bati en sapin, les tiroirs sont en chêne, il est plaqué d'ébène à l'extérieure et d'ivoire à l'intérieure et d'une plaque en mosaïque de marbre et de 20 plaques de paésine de l'Arno. Les façades des quatre tiroirs sont ornées de deux plaques de paésine sur chacun. Les vantaux intérieures sont à rapprocher, quant à la construction des caissons, de ceux du cabinet de Ham House, sans doute avant 1650. Ancienne collection Gismondi, antiquaire.

Le cabinet conservé à Amsterdam au Rijksmuseum, sans doute vers 1655-1660, reprend la construction des cabinet de Baumgartner dont celui en écaille et ébène d'Ambleville. Il est orné de plaques de marqueterie d'oiseaux en pierre dure de la manufacture florentine du grand duc de Toscane et de plaques de lapis lazuli, comme ceux du Bayerisches.
Sa construction est très proche des trois cabinets ci-dessous.

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Cabinet d'Augsbourg milieu du XVIIème attribué à Melchior Baumgartner, orné de ferrures en vermeil de Hans Lencker
Provenant de la galerie S.J.Phillips à Londres 1970, collection Qizilbash en 2007, puis galerie Kugel, antiquaire à Paris.
Très proche d'un cabinet du même (au milieu), en ébène et écaille avec son rarissime piètement, conservé à Ambleville.
Celui de droite, très proche du cabinet Kugel est conservé en Suède au château de Skokloster.
Les caissons amovible des trois cabinets sont toujours similaires, avec cette étoile en ivoire et ébène, découvrant des tiroirs secrets.

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Cabinet d'Augsbourg milieu du XVIIème attribué à Melchior Baumgartner ouvrant par deux portes, découvrant des tiroirs et un caisson dont le vantail est orné d'un miroir. Ce cabinet a été sur-décoré, par une dorure sur les moulures, et sans doute des peintures postérieurement, mais anciennes, comme celui du Metropolitan Museum . Il est à rapprocher du cabinet à vantaux avec des plaques de lapis du Bayerisches National-museum. Le dos est marqueté d'étoile, comme le caisson, découvrant des tiroirs secrets..
Haut : 83,5, largeur : 82 cm, prof : 43 cm. (Collection Peter Mühlbauer, Teffaf 2017)

Cabinet d'Augsbourg en ivoire avec petits panneaux en écaille conservé à Vienne, alliant l'ivoire et l'écaille.


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Cabinet de Ham House, entièrement plaqué de feuilles d'ivoire avec moulures, certainement tôt d'époque, vers 1630-1640, avec son piètement d'origine. Hauteur : 1m44, largeur : 78, profondeur : 54cm. (National Trust).

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Cabinet du marquis de Nonant en ébène attribué à Jean Armand, Paris vers 1640, placage d'ivoire marqueté sur fond d'ébène et encadrements d'écaille. Trois termes d'ivoire peut-être de Gérard Van Obstal 1605-1668, Château d'Ambleville.

Cabinet médaillier en ivoire de Maximilien I de Bavière (1573-1651), exécuté vers 1620 par Christof Angermair, Munich.
Hauteur 95 cm. La photo de gauche représente une copie du XIXème siècle, presque identique (Piasa 28.06.2000). La photo de droite le cabinet médailler original et au centre le coffret protecteur d'origine, typique de l'oeuvre d'Angermair. Un autre cabinet inspiré de ce médailler, avec un groupe de putti à l'amortissement à la place du cavalier, legs du baron Schlichting est conservé au Louvre (inv AO6920), reproduit n° 292 Catalogue du Louvre de Philippe Malgouyres.

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Cabinet (à gauche) en placage d'ivoire marqueté de fleurs en bois et écaille, par Pierre Gole, vers 1662, pour le cabinet blanc de Monsieur, au Palais Royal, maintenant au Victoria & Albert Museum. Il provenait de Didier Aaron, antiquaire à Paris. Une table en placage d'ivoire attribuée à Pierre Gole, provenant du Trianon de porcelaine, vers 1675 est maintenant conservée au J-P Getty Museum et provenait de Bernard Steinitz, antiquaire à Paris.

Cabinet (à droite) marqueté sur fond d'ivoire de fleurs dans des encadrements de bordures laquées et nacre.
Légué en 1985 au Musée d'art de Dallas. Il provenait de Perpitch, antiquaire à Paris.

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Petit cabinet en ivoire sculpté provenant de Goa, vers 1650. Fabrication à Ceylan, et destiné au marché européen. Celui du milieu est conservé au Musée de Vienne. D'une construction similaire, chaque cabinet était conçu avec des panneaux différents, quant au décor ou leur forme, semblant varier les modèles pour les clients enropéens. Un autre similaire à portes, provenant de la collection Revoil en 1828, est conservé au Louvre, les panneaux décorés des scènes d'Adam et Eve au paradis terrestre (Inv.MRR89). Celui de droite conservé à Saint Pétersbourg

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Un rare cabinet de Ceylan, en ébène à l'extérieur et ivoire à l'intérieur était dans la collection de Torkild Malfait à Bruxelles.
Celui de droite est au Victoria & Albert de Londres.

L''inventaire du cardinal Mazarin décrit deux cabinets n° 771 & 772 : un cabinet et son pendant en ébène, comportant à l'intérieur 13 tiroirs en ivoire gravé des fables des métamorphoses, plus tableau d'ivoire gravé de figures.

Un petit cabinet fit parti de la vente du mobilier du palais de San Donato appartenant au prince Demidoff , n° 1682 : Joli petit cabinet chinois en ivoire laqué d'or, à ornements très fin de volatils, d'arbustes et d'oiseaux. Il est garni de petites ferrures en argent gravé.
Haut 44cm, larg : 32 cm.

INVENTAIRE DES MEUBLES DE LA COURONNE SOUS LOUIS XIV. Jules Guiffrey

N°280 Un petit cabinet d’ivoire taillé en point de France, au-devant duquel il y a six entrées de serrure, garni d’argent par les coins, porté sur quatre boulles d’ivoire
Haut de 14 pouces, large de 18 pouces, sur 1 pied de profondeur.

Cabinet dans le style de Augsbourg, exécuté vers 1880. Orné de plaques en émail à fond or.
Marché parisien 2017.