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Livre d'Or

Jardins et châteaux autour de Paris

Cabinet de Procris et Céphale par Pierre Gole
Paris vers 1645 Château d'Ambleville
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Cabinet en placage d'ébène sur un bati de peuplier et de chène, les tiroirs en amarante. Le cabinet a été restauré en 1876 par Auguste Marchand ouvrier chez Monsieur Martain, à Laval. La frise supérieure à deux tiroirs a été replacée dans la ceinture. La partie inférieure a conservé ses six colonnes torses en ébène, du modèle de celles du Bernin pour le baldaquin de Saint Pierre à Rome . Le fond du piètement a été restaurét à la même époque et les pieds boules supprimés. Bati de chêne et de peuplier. Ce cabinet était conservé dans un château près de Laval pendant près de deux siècles.
Il est représenté ci-dessus, tel qu'il sera lorsque la frise sous la corniche, et les portes auront été remises en place.

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Le thème du cabinet est tiré des métamorphoses d'Ovide : "Histoire de Procis et Céphale" célèbre roman publié et gravé au XVIème. Les deux portes du caisson du cabinet, raconte à gauche le cadeau de Procris à Céphale d'une lance et d'un chien Lélapse et à doite la mort de Procris. Le cabinet d'ébène du musée des Beaux Arts de Troyes reprend la même stucture architecturale de pilastres, mais le sujet central est simplement gravée.
Histoire de Procris et de Céphale.

Les colonnes torses de ce cabinet, sont un élément suplémentaire de qualité pour son attribution à Pierre Gole. L'un de ses clients, Macé II Bertand de la Bazinière avait commandé en 1646 un cabinet "de mesme grandeur, façons, fermeture, clouure, histoire, caissons dictz la perspective et autre chose en despendans que celuy q'uiz ont faict et fournir à Monsieur Rossignol, maistre des comptes, a l'exception des colonnes dud. cabinet qui seront torse et taillée de reliefe a feuillage de vigne et grotesque d'oysseaux, avecq touttes les petites collonnes façon coraille et balustrade de cuivre, semblablement et conformément à yceluy dud. sieur Rossignol (arch.nat;CXIII, 2& février 1646)". Il est peut être tentant de rapprocher ces deux cabinets avec ceux du Rijksmuseum et du Memorial museum de San Francisco. En effet, même thème, même caisson, même colonnade, mêmes proportions, et sur l'un deux piètement conforme à l'exigence de Mace de La Bazinière, différentes, de forme torses, du genre dont Le Bernin avait fait les colonnes du maitre-autel de St Pierre de Rome. Ce type de colonnes avait été reproduites par Raphaël dans ses tapisseries des actes de apotres, cartons conservées au Victoria & Albert, collection de S.M la Reine Elisabeth II. Quatre colonnes torses en ébène sont conservées au musée de la Renaissance du château d'Ecouen. (Expo Louis XIII au Grand palais) Daniel Alcouffe remarque l'extrème qualité du décor sculpté sur ce goupe de cabinets ainsi que leur homogénéité. Le cabinet d'Endymion du Victoria & Albert comporte quatre colonnes torses à bases sculptées tandis que celui du château de Windsor a quatre colonnes torses sans bases sculptées, comme celui de San Francisco .
"un cabinet d'ébeyne de mesme grandeur, façons, fermure, cloure, hsitoire, caissons dictz la perspective et autre chaose en despendans qui celuy qu'ilz ont faict et fournie a Mon Rosignol, maistre des comptes à l'exception des colonnes dud. cabinet qui seraont torse et taillée de reliefs à feuillage de vigne et criotesque d'oysseaux, avecq toutes les pmettes colonnes façon de coraille et balustrade de cuivre, semblablement et conformément à yceluy dud. sieu Rosignol" Archives nationales, minutier central. CXII, 22, 29 février 1646

Détail de la ceinture ouvrant par deux tiroirs, la frise est sculptée de rinceaux et feuilles de vigne, séparés par des enfants. La frise supérieure, déplacée dans la ceinture ouvres par trois tiroirs sculptés de trophées militaires encadrant un cartouche.

Détail du caisson vers 1645, à décor de grotte, lieux mystérieux et naturel qui plaît aux maniéristes et qui sont toujours associés aux jardins, lieux de plaisirs et de divertissements. A l'origine la grotte du château des jardins de Boboli à Florence de 1589 exposant les esclaves de Michel-Ange et un décor factice de concrétions de calcaire, quintécence totale de cet art. La grotte du Primatice construite en 1540 à Fontainebleau, et la fameuse grotte imaginée par Bernard Palissy au palais du Luxembourg n'existent plus. Puis celle de Wideville construite vers 1635 est toujours visible. Les petits villages en parchemin, posés sur les rochers sont identiques à ceux du musée du Louvre et du cabinet de Mercure.

Le décor intérieur de la seule porte extérieure conservée, est très proche de celles du cabinet de l'Odyssée de Fontainebleau, un décor d'arbres dans un payasage encadré de moulures ondées et de fleurs dont des tulipes gravées dans des réserves. Les portes intérieures de celui du Louvre sont dans le même esprit, d'un pont de tronc d'arbre et d'arbres, dans deux encadrements ondés entrelacés, à réserves de fleurs également. Les deux pilastres conservés provenant des portes extérieures sont sculptées de Zeus et Apollon et devaient être disposés comme sur celui du Louvre , à gauche et à droite des portes, encadrés de pilastres cannelés et de deux grands motifs sculptés. Sur le coté latéral gauche du cabinet une scène de faucon est représenté dans un médaillon, comme celui de Fontainebleau. Le coté droit, est orné d'un autre médaillon représentant une jeune femme tenant une Croix. Il est probable que le décor extérieur des grands vantaux du cabinet d'Ambleville ait été très proche de ceux de Fontainebleau.

Détail de quatre tiroirs, sculptés de scènes maritimes, enfants chevauchant des montres marins, avec des tridents oliphant, chevaux de mer dans des encadrements de moulures ondées et de bandes en ébène gravé. Les scènes d'enfants et monstres marins, sont à rapprocher des tiroirs du cabinet de Serrant.

Ci dessous le caissons d'Ambleville, les portiques mis en place ou retirés, libérant les tiroirs

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A droite le caisson, avec les portiques latéraux sortis, font apparaitre les tiroirs "secrets" . Les portiques glisses latéralement par des rainures, comme sur le cabinet du Rijksmuseum, il a les attaches des colonnes en haut des colonnes. De même, pour l'ouverture des tiroirs, il n'y a pas de boutons de tirage mais un ruban de soie encore présent sur le cabinet du Rijksmuseum. Les boutons de Serrant ont été rajoutés lors de sa restauration vers 1830. A gauche le caisson avec les portiques latéraux, cache les tiroirs secrets. Les miroirs accentuaient la grandeur du caisson par un jeu de perspectives. La grotte était un élément essentiel des jardins en Italie, et deviendra très à la mode à la fin du XVIème en France.
La grotte du château de Wideville, commandait par Claude Bullion et construite en 1635 reprenait cette même conception naturaliste très en vogue à l'époque, réunissant l'art et la nature. Les tiroirs sont sculptés, comme ceux du Louvre de monstres marins, tritons, enfants jouant avec des animaux marins, dans des encadrements de moulures ondées classiques.

Détail du plafond peint d'un payasage d'arbres et d'oiseauxvolant dans le ciel dans un encadrement corail sur fond or, rappelant le décor de boiseries à fond or , similaire à celui du Louvre avec des personnages, de Fontainebleau et du château de Serrant avec un paysage d'arbres dans une réserve ovale dans un cadre corail sur fond or.
Voir les peintures des cabinets attribués à Gole

Les six caissons des cabinets de Pierre Gole à décor de grotte :

......... .........Ambleville ......................Fontainebleau........................ Serrant.....................Louvre...........................Coll. particuliere............... Fouquet

Détail des portiques des caissons, de gauche droite celui d'Ambleville, puis celui de Fontainebleau puis celui de Serrant et enfin celui du Louvre, à décor de rochers réalisés en liège sculpté, recouverts de coquillages de débris de coquillage et de galène, les colonnes en ivoire teinté façon corail, matière considérée comme très rare, donc très précieuce, collectionné par les princes. Les chapitaux sont comme les cinq autres cabinets en bronze doré mais Ambleville est le seul cabinet à avoir conservé ses statuettes d'origine en bois sculpté, celle ci-dessus de Diane chasseresse et Vénus en pendant. Les caissons des cabinets de Fontainebleau, du Louvre et de Serrant les ayant perdues. Ce caisson est avec celui de Fontainebleau
le plus beau; L'une des caractéristique communes à ces cabinets, est le trompe l'oeil des plaques d'ivoire peintes façon écaille, et surmontant les colonnes en ivoire teintées façon corail. Le sol est à damier pour celui d'Ambleville, de Fontainebleau et du Louvre. Celui de Serrant reprend la marqueterie des portes de rinceaux et de fleurs. Celui passé en vente à Paris, plus riche est marqueté d'ivoire sur fond de bois. Les corniches sur les six, sont soulignées de plaques d'ivoire peinte façon écaille. Le sixième cabinet a en commun un décor de grotte, qui n'est ici qu'un élément du décor et non le décor peincipal, héritage des maniéristes avec celle de Boboli de 1589 ou de Fontainebleau en 1540 , celle du Luxembourg vers 1565. Les colonnes sont aussi en ivoire façon corail, mais le décor important est en écaille et plaques d'ivoire peintes façon écaille est peut être d'une époque ou d'une période différente. Les fonçures des tiroirs sont également en amarante massif.

Détail des statuettes des corniches, les plaques en os ou ivoire peint façon écaille. Les balustres sont en bois doré comme celui du cabinet de Mercure, en revanche celles de Fontainebleau et de Serant sont en cuivre doré. La balustrade en bois doré du dernier laisse penser que ce type de balustrade étaient aussi fait par Pierre Gole. La balustrade du cabinet du Louvre est en bois sculpté et ajouré date sans doute une possible restauration de l'époque de Louis-Philippe. Les statuettes en bois peint et doré sont à rapprocher, dans le même esprit des statues en stuc, ornant le plafond du salon de la Paix des appartements au palais du Louvre d'Anne d'Autriche, daté de 1659 par Michel Anguier.

Détail des caissons dans leur entier à décor de grotte des six cabinets connus à ce jour

Cabinet de Procris & Céphale d'Ambleville
Cabinet dit de Fouquet

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Détail des rochers réalisés en liège sculpté orné de coquillages, débris de coquillagse et galène. Colonne en ivoire teinté corail. Et l'un des détails agrandi des maisons en parchemin peint, se trouvant aussi sur les cabinets du Louvre et de Mercure.

Les cabinets attribués à Pierre Gole

Détails du caisson du cabinet de Procris et Céphale d'Ambleville

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Les fonds des tiroirs des portiques sont en amarante massif. tandis que les fonçures des façades sont en sapin ou peuplier. le sol est marqueté de cubes en ébène. Et détail des tiroirs dissimulés derrière le portique droit; la fonçures des tiroirs est en amarante massif, tandis que la façade est en placage de loupe plaqué sur du peuplier dans un encadrement de palissandre, ruban de soie de tirage d'origine.


Détails du portique, fonçures de chêne, placage d'ébène, rochers en liège, moulures en ébène sur un bati de peuplier.