Le cabinet d'Ariane est conservé dans le même château depuis cinq générations. Il proviendrait de Joseph de Brézal qui vécut vers 1670 et qui l'aurait, selon la tradition familiale reçu de Fouquet. Il a été minutieusement restauré au début des années 1990 par
J-B Chapuis, ébéniste. Il est intéressant de remarquer qu'il avait été déjà restauré au XVIIIème siècle. Le poids important du cabinet lui-même entrainait obligatoirement une restauration du piètement. Comme le bureau Mazarin de Louvois qui était conservé au château de La Roche-Guyon, le piètement a été modernisé dans la première partie du XVIIIème remplaçant les pilastres, sans doute les colonnes ou des termes par ce piètement galbé Déjà à cette époque, chose rare, on prenait soin de ce meuble déjà démodé, il y avait dons une tradition importante quant à sa provenance et à la connaissance de sa valeur artistique.

Le cabinet est proche dans sa composition du cabinet de Windsor et bien sûr des autres cabinets de Pierre Gole

Ci-dessus la façade du cabinet de Fouquet est proche dans sa composition du cabinet de Windsor et bien sûr
des autres cabinets de Pierre Gole; Louvre, Ambleville, Fontainebleau, San Francisco, Windsor etc...
Deux grands panneaux sculptés, sont encadrés et séparés par des niches garnies de statues encadrées de pilastres.
reposant sur une frise en bas relief.


Détail du panneau un vantail de gauche représentant l'une des scènes principales du roman de l'Ariane
de Jean Desmarets de Saint-Sorlin"Mélinte tient Ariane sur son cheval et s'enfuit à travaers les flammes,
suivis par Aristide, Palamède et Epicaris" A droite gravure originale ayant servie de modèle au sculpteur.
Quinze gravures d'Abraham Bosse, illustrant ce célèbre roman serviront au décor de ce cabinet, aussi
bien à l'extérieur qu'à l'intérieur.



Le décor des portes intérieures des caissons est très proche sur ces trois cabinets de San Francisco, Mercure et Fouquet
proche d'un dessin d'André Mollet, gravé en 1651 et représentant un parterre d'un jardin.
Mais la date de 1651 correspond-elle à ces cabinets qui peut être sont de quelques années antérieures.



A gauche détail l'intérieur des vantaux des moulures ondée et des fleurs gravées, au milieu une femme gravée
toujours sur l'intérieur vdes portes, et à doite l'une des trois niches de la façade extérieure représentant la "Force".
Les moulutres ondées sont préfabriquées à la machine à l'époque, décrite dans le Roubo, puis collées pour
constituer le décor. Elles étaient vendues au menuisier en ébène au mètre et ce dernier les couper et les ajuster
selon l'effet recherché.

Détail du vantail intérieur illustrant une scène de l'Ariane dans un encadrement octogonale ondé.

Le caisson de ce cabinet est presque entièrement plaqué de plaques d'ivoire ou d'os peintes façon écaille, avec
une statuette en bois sculpté représentant Junon. L'escalier central dissimule des tiroirs comme sur celui de Mercure.
Lors de la restauration de ce cabinet (voir Estampille Objet d'Art n° 29 juin 1992) les miroirs ont été refaits par Patrick Desserme
maître verrier., ainsi que deux colonnes manquantes en ivoire teintes façon écaille.



Ci dessus, détail du portique de ce cabinet, reproduit dans la catalogue de l'exposition Louis XIII en 2002
marquetée d'un vase et plaqué des mêmes plaques d'ivoire peintes façon écaille.
Au milieu, détail du caisson du cabinet de San Francisco reprenant une disposition très proche de notre cabinet, avec ses
colonnes, niche centrale et type d'escalier arrondi.
A droite, détail du portique du cabinet de Mercure très proche par le trompe l'oeil des plaqes d'ivoire.




Détail des statuettes des cabinets de Pierre Gole, au centre celle de Junon du cabinet de Fouquet, bois sculpté (restaurée), entourée, de Diane chasseresse, de Vénus et l'amour et de deux personnages posés sur les corniche de celui d'Ambleville.
Visiblement ces statuettes sont de la même main, celle de Junon ayant été vernie.

Détail de l'arrière du caisson, en peuplier, on aperçoit la balustrade du bas encadrant l'escalier sous la niche
les glaces ont été ici, sorties pour la restauration. La partie supérieure ouvre poar 10 tiroirs, dont
les 9 et 10 peuvent être considérer comme dissimulés par l'épaisseur.
Le cabinet a été restauré en 1992 par Jean-Baptiste Chapuis, ébéniste.