Le contenant
Tout le monde dispose dans son jardin d’un petit coin discret, une toute petite surface convient (1m x 1m est suffisant) pour installer un silo à compost , à mi-ombre si possible.
Si vous êtes bricoleur, quatre palettes récupérées assemblées en carré seront parfaites, la palette du devant devra s’ouvrir pour récolter le compost mûr.
Je ne donne pas d’explications précises car j’utilise plus volontiers la bêche et le sécateur que le tournevis et les clous… Mais le premier bricoleur venu se débrouillera facilement.
Sinon on trouve dans le commerce des silos en bois ou en plastique, ces derniers, du plus beau vert, font un peu vaisseau extraterrestre, mais ils accélèrent la maturation paraît-il.
Quant à moi, j’ai la chance d’avoir trois bacs maçonnés en briques qui n’ont rien d’une verrue sur la face du jardin.
Si aucune de ces suggestions ne vous convient, ne vous privez pas malgré tout d’un tas de compost improvisé : quatre piquets entourés de grillage, voire des sacs plastique solides percés de trous feront l’affaire temporairement, surtout pour les feuilles, si précieuses.
Si votre sens esthétique exigeant ne se satisfait pas de ces assemblages, quoi de plus facile que de semer quelques graines de capucines (régions du nord) ou volubilis (dans le midi) qui cacheront vite l’édicule disgracieux.
L’emplacement idéal est à mi-ombre, une couverture (bâche, plastique) sera très utile pour conserver humidité et chaleur.
Le contenu
Que composter ? Presque tout, plumes, sciure, paille, épluchures, fleurs fanées, thé, marc de café, papier etc…mais c’est le presque qui est important :
A éviter absolument : les aliments cuits, le pain, les restes de viande, les déjections canines et félines (désolée pour les possesseurs de matous, il ne faut pas jeter la litière de minet au compost si vous ne voulez pas attirer les mouches, les couches de bébé non plus, cela va sans dire ?). A proscrire également : les végétaux malades et les racines de mauvaises herbes type liseron, chiendent, pissenlit, chardon (inutile de multiplier ces pestes et de propager les maladies). Pas de journaux :( encre d’imprimerie) mais le carton brut et le papier non imprimé sont possibles. On déconseille l’utilisation des alliacées : donc poireaux, oignons, aulx, s’abstenir. Risque d’odeurs.
Le vieux terreau des jardinières est le bienvenu à condition d’être exempt de larves d’insectes dévoreurs (on les repère très vite, méfiez vous surtout des fuschias, souvent infestés).
Quid du gazon ? La plus grande modération est de mise sinon vous allez vous retrouver avec une infâme boue verdâtre et gluante et vous allez me maudire (je vous aurai pourtant prévenus !). En versant le bac de la tondeuse de temps en temps vous activerez la maturation (l’herbe fermente très vite) mais il n’en faut pas trop, sinon c’est la soupe de sorcière et pas la belle mixture attendue ! Le gazon ne doit pas avoir été traité, bien sûr.
Les trois secrets d’un bon compost
- mélanger très souvent avec une fourche pour aérer et bien répartir les ingrédients. (excellent exercice pour les bras !)
- surveiller l’humidité : arroser s’il fait trop sec ou ajouter des morceaux de carton brut, des matériaux secs si le compost est détrempé par la pluie.
- Couvrir pour garder chaleur et humidité et dissimuler la « cuisine en cours »
Quelle durée de compostage ?
Un certain temps comme dirait Dominique, c’est à dire environ six mois : les différents composants ne doivent plus être reconnaissables et le compost doit avoir une bonne odeur d’humus. La consistance doit évoquer une pâte à gâteau au chocolat.
Qu’en faire ?
Toue ce qu’on voudra :l’enfouir par bêchage pour alléger une terre lourde ou enrichir un sol trop sableux, pailler les massifs, protéger les plantes fragiles etc…
Malgré mes trois bacs, je n’en ai jamais assez et je suis obligée d’alterner les distributions. Le compost de feuilles est réservé à mes précieux camélias et hydrangéas, toujours chouchoutés.
Conclusion
J’espère vous avoir convaincus, un tas de compost bien entretenu n’a rien d’un dépotoir. Si vous hésitez, commencez avec les feuilles à l’automne (sauf arbres fruitiers malades ou traités) elles donnent le meilleur compost et c’est un vrai gâchis que de les jeter aux ordures, la maturation est plus lente (environ un an), on peut l’accélérer en les broyant si l’on possède l’engin ad hoc (bruyant !).
Faut-il utiliser les activateurs du commerce à base de sulfate d’ammoniaque ? A mon avis c’est inutile, le gain de temps est illusoire, par contre, et ceci entre nous et en confidence, envoyez votre mari à la nuit tombée faire pipi dessus, ça fera le même effet !
De temps en temps seulement, of course, vous ne voulez pas rejouer Clochemerle ou Topaze
Catherine Bertrand